Avocate "expulsée" d'une audience : le président du TGI de Paris adresse une sévère mise au point

franceinfo avec AFP
Jean-Michel Hayat écrit que le concours des forces de l'ordre ne peut être requis à l'égard d'un avocat dans l'exercice de ses fonctions. La semaine dernière, Anna Salabi avait été évacuée par des policiers après un différend avec une juge.

"En aucun cas, il ne peut être recouru au concours des forces de l'ordre, à l'égard d'un avocat, dans l'exercice de ses fonctions." Le président du TGI de Paris, Jean-Michel Hayat, a adressé jeudi 23 mai un sévère rappel à l'ordre après l'expulsion d'une avocate d'un bureau, la semaine dernière. Anna Salabi avait été sortie "manu militari" par des policiers dans une audience portant sur une taxation d'honoraire qui se déroulait dans le cabinet d'une juge d'instance.

Le ton était monté entre la juge et l'avocate

Selon le site Mediapart, qui a révélé l'incident, le ton était monté entre la juge, qui avait décidé dans un premier temps de prendre l'affaire puis de la renvoyer, et l'avocate, qui refusait de quitter le bureau avant l'arrivée d'un représentant du barreau. La magistrate avait alors fait évacuer Anna Salabi par des agents alors qu'elle téléphonait au barreau, selon l'avocate.

"Quand il y a désaccord, la plupart du temps, on se fait gronder, humilier, et dans 9 cas sur 10, on a assez peur que la décision s'en ressente alors on se tait", a déclaré Anna Salabi, précisant avoir protesté mais "jamais insulté ou menacé" la juge. Celle-ci s'est vue prescrire deux jours d'incapacité totale de travail (ITT) pour des douleurs au thorax et au genou.

Ce jour-là, je n'ai pas voulu me laisser faire.

Anna Salabi, avocate

à l'AFP

Sept jours plus (...)

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