Avion dérouté par le Bélarus: Paris dénonce un acte "inacceptable"

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La France a dénoncé ce dimanche le détournement "inacceptable" par les autorités du Bélarus d'un avion transportant un opposant bélarusse et réclamé une "réponse ferme et unie" des 27 Etats membres de l'UE.

Le Bélarus a envoyé ce dimanche un chasseur intercepter un avion de ligne à bord duquel se trouvait un militant de l'opposition qui, selon cette dernière, a été interpellé à son arrivée à Minsk par les services de sécurité du régime d'Alexandre Loukachenko.

La France a dénoncé le "détournement" par les autorités du Bélarus d'un avion transportant un opposant bélarusse et réclamé une "réponse ferme et unie" des 27 Etats membres de l'UE.

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Une "alerte à la bombe"

Le média d'opposition Nexta a affirmé que son ancien rédacteur en chef Roman Protassevitch avait été arrêté après l'atterrissage d'urgence à l'aéroport de la capitale du Bélarus de cet appareil, un Boeing 737 de la compagnie Ryanair en provenance d'Athènes et avec pour destination Vilnius en Lituanie.

Le ministère bélarusse de l'Intérieur a confirmé dans un premier temps cette interpellation sur Telegram, avant de supprimer ce message, a constaté une journaliste de l'Agence France-Presse (AFP).

Selon les autorités, l'avion a dévié de sa trajectoire à cause d'une "alerte à la bombe". Nexta a affirmé que l'atterrissage d'urgence avait été suscité par une "bagarre" déclenchée par des agents des services de sécurité bélarusses, présents à bord et qui affirmaient qu'un engin explosif se trouvait dans l'appareil.

L'aéroport de Minsk, cité par l'agence de presse officielle Belta, a affirmé que l'alerte à la bombe s'était révélée "erronée" après une fouille du Boeing. Le président Alexandre Loukachenko a quant à lui donné l'ordre personnellement à un avion de chasse MiG-29 d'intercepter l'avion après cette alerte, a dit son service de presse.  

"Bagarre avec le KGB" 

A l'été et à l'automne derniers, Alexandre Loukachenko a été confronté à mouvement de contestation historique ayant rassemblé pendant plusieurs semaines des dizaines de milliers de personnes à Minsk et dans d'autres villes, une mobilisation énorme pour un pays d'à peine 9,5 millions d'habitants.

Mais la protestation s'est progressivement essoufflée face à des arrestations massives, des violences policières ayant fait au moins quatre morts, un harcèlement judiciaire permanent et de lourdes peines de prison infligées à des militants et à des journalistes.

En novembre dernier, les services de sécurité bélarusses (KGB), hérités de la période soviétique, avaient placé Roman Protassevitch et le fondateur de Nexta, Stepan Poutilo, sur la liste des "individus impliqués dans des activités terroristes".

L'actuel rédacteur en chef de Nexta, Tadeusz Giczan, a assuré que des agents du KGB bélarusse étaient à bord de l'appareil.

"Quand l'avion est entré dans l'espace aérien bélarusse, les officiers du KGB ont déclenché une bagarre avec le personnel de Ryanair", a affirmé Tadeusz Giczan, les agents soutenant qu'une bombe était à bord.

Une porte-parole des aéroports lituaniens a dit avoir reçu comme première explication de le part de l'aéroport de Minsk un conflit entre des passagers et l'équipage.

"Peine de mort"

Roman Protassevitch est l'ancien rédacteur en chef de Nexta, un média ayant joué un rôle clé dans la récente vague de contestation de la réélection en 2020 du président Alexandre Loukachenko, qui occupe ces fonctions depuis 1994.

Fondé en 2015, Nexta ("Quelqu'un" en bélarusse) avait notamment coordonné les rassemblements à travers le Bélarus, diffusant des mots d'ordre et permettant de partager les photos et les vidéos des rassemblements et des violences.

L'arrestation du militant a été immédiatement condamnée par la figure de l'opposition bélarusse en exil, Svetlana Tikhanovskaïa. Sur Twitter, elle a assuré que le régime avait "forcé" à l'atterrissage l'avion de Roman Protassevitch qui, selon elle, "encourt la peine de mort". 

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L'ancienne république soviétique du Bélarus est le dernier pays en Europe à appliquer la peine capitale. 

L'Allemagne a réclamé une "explication immédiate" après le déroutage de l'avion. Le président de la Lituanie, Gitanas Nauseda, a quant à lui dénoncé sur Twitter "un événement sans précédent", accusant le régime bélarusse d'avoir été derrière "cet acte abject". 

Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a qualifié d'"acte de terrorisme d'Etat" l'arrestation de l'opposant bélarusse Roman Protassevitch. Il a également écrit sur Twitter qu'il avait demandé au président du Conseil européen Charles Michel que l'UE discute dès lundi de "sanctions immédiates" contre le Bélarus, ajoutant que l'arrestation de l'opposant "ne peut pas rester impunie".

La répression en cours au Bélarus a valu à Minsk une batterie de sanctions occidentales qui ont conduit Alexandre Loukachenko à se rapprocher davantage de son homologue russe Vladimir Poutine.

Article original publié sur BFMTV.com

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