"Mes avertissements n’ont pas été pris en compte" : quand un général français alertait sur les risques d'un génocide au Rwanda

Benoît Collombat
Vingt-cinq ans après le génocide des Tutsis en 1994, la cellule investigation de Radio France et "Mediapart" ont recueilli des témoignages inédits d'un ancien général et d'un bénévole de la Croix Rouge sur le rôle de la France au Rwanda.

À 84 ans, l’homme a décidé de livrer publiquement sa vérité sur le rôle joué par la France au Rwanda, dans les années 1990. Jusqu’à présent, le général Jean Varret avait uniquement accepté de témoigner devant la mission d’information parlementaire sur le rôle de la France au Rwanda, en 1998. Récemment, il a pris la plume pour raconter son parcours de militaire dans un livre, où il revient en quelques pages, très sobres, sur le rôle qu’il a joué au Rwanda. Aujourd’hui, 25 ans après le génocide des Tutsis, il a décidé de parler devant micros et caméras.

"Le lobby militaire" pointé du doigt

D’octobre 1990 à avril 1993, Jean Varret est chef de la Mission militaire de coopération au Rwanda. Il tente de s’opposer au soutien apporté par l’état-major militaire français au régime du président rwandais Habyarimana, mais il est subitement écarté de ses fonctions. "Certains militaires à des postes-clés sont allés trop loin, affirme aujourd’hui le général Jean Varret. J’appelle ça le lobby militaire. Ce groupe, dont je connaissais certains éléments, faisait pression, y compris pour m'évincer de mes responsabilités. Ces militaires n'ont pas voulu prendre en compte les risques de cette politique de soutien à Habyarimana. La coopération avait pour mission d'aider à former, d’équiper, mais certainement pas de (...)

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