Quel avenir pour les fusées européennes ? Entretien exclusif avec Josef Aschbacher, directeur général de l’ESA

L’Agence spatiale européenne (ESA) vit l'une des dates les plus importantes de son calendrier : c'est au cours du Conseil ministériel, qui se tient les 22 et 23 novembre à Paris, et qui rassemble les ministres représentant les 22 États membres de l’Agence, que va se décider la politique spatiale européenne, ses programmes et bien sûr, son budget pour les trois prochaines années.

Par la voix de Josef Aschbacher, l’ESA a demandé un budget record de 18 milliards d’euros, soit 25 % de plus que la demande de 2020.

Josef Aschbacher est directeur général de l'Agence spatiale européenne (European Space Agency — ESA) depuis mars 2021. © Daniel Chrétien, Futura Sciences
Josef Aschbacher est directeur général de l'Agence spatiale européenne (European Space Agency — ESA) depuis mars 2021. © Daniel Chrétien, Futura Sciences

Futura : Parlons d’accès à l’espace avec Ariane 6. Où en sommes-nous actuellement ?

Josef Aschbacher : L’ESA se positionne en tant que client mais aussi comme architecte de l’ensemble. Nous renforçons notre attention sur le management des dernières étapes à franchir afin d’obtenir un vol inaugural d'Ariane 6 aussi vite que possible. Nous avons pour cela créé une équipe transversale, basée aux Mureaux (Yvelines), qui travaille quotidiennement sur les dernières étapes. Les débuts des essais à feu de l’étage supérieur à Lampoldhausen (Allemagne) et des essais combinés à Kourou sont des étapes importantes, qui déclencheront d’autres actions jusqu’au vol. D’ailleurs, c’est seulement à l’issue de ces tests que nous aurons une idée plus précise de la date de tir.

Le lanceur Ariane 6 prêt pour ses essais combinés. © ESA, Cnes, Arianespace, ArianeGroup, Service optique du CSG
Le lanceur Ariane 6 prêt pour ses essais combinés. © ESA, Cnes, Arianespace, ArianeGroup, Service optique du CSG

Quel est l’avenir de l’industrie européenne pour ses lanceurs après le passage de témoin d’Ariane 5 à Ariane 6 ?

Josef Aschbacher : Plus besoin de rappeler la précision d’Ariane 5, telle que nous l’avons vue avec le succès de la mise en orbite du télescope spatial James-Webb. Quand nous avons décidé en 2014 de passer à Ariane 6, le principal argument était de la rendre plus accessible et donc de réduire les coûts de 40 %. Pour cela, nous avons...

> Lire la suite sur Futura