Avec 5.000 euros par mois, une députée LREM se plaint de "manger pas mal de pâtes"

L’hémicycle de l’Assemblée le 31 octobre 2017 – AFP

Des députés La République en Marche ont connu une baisse de leurs salaires depuis leur élection en juin dernier. Certains affirment même avoir dû changer leur train de vie…

Elle est l’un des tourments de la reconversion professionnelle : la rémunération. Et nos députés semblent ne pas échapper à ces soucis du quotidien. Dans les colonnes de l’Opinion ce mercredi, une députée LREM se plaint de devoir faire face à la baisse de ses revenus, survenue après son élection à la chambre basse :

“Je vais moins souvent au restaurant, je mange pas mal de pâtes, j’ai ressorti des vêtements de la cave et je vais devoir déménager!”

Cette ancienne cheffe d’entreprise, qui témoigne auprès du journal sous couvert du “off”, aurait vu ses appointements passer de 8000 à 5372 euros net par mois depuis son entrée à l’Assemblée en juin dernier.


Une baisse de pouvoir d’achat qui semble aussi affecter ses nouveaux collègues de la République en Marche, issus pour la plupart du privé. Une autre députée de la majorité témoigne aussi auprès du journal.

“Je n’ai jamais autant bossé pour si peu”

Sur les 571 déclarations des parlementaires remises à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), et décryptées par le Monde, 235 députés percevaient auparavant plus de 50 000 euros de revenus annuels.

En tête des 100 députés les mieux rémunérés avant de rejoindre l’hémicycle (avec 159 000 euros en moyenne), 63 appartiennent à la République en Marche. Comparativement, “25 sont LR et apparentés, 7 PS, deux extrême droite, deux gauche radicale et un élu régionaliste” nous-dit le quotidien.

“Face à une aide-soignante, on sait qu’on ne peut pas dire ça”

Dans un pays où le salaire net moyen mensuel était de 2.250 euros en 2015, selon l’Insee, et le salaire médian est lui de 1.797 euros, un tel discours de nos représentants passe mal.

Ils sont les premiers à le reconnaître. “Je ne vais pas me plaindre de gagner 5 000 euros par mois”, affirme un député. “Face à une aide-soignante, on sait qu’on ne peut pas dire ça”, concède un autre. La “détresse” de ces élus ne manquent pas de susciter l’ironie sur Twitter.