Avant les Midterms, Obama à la rescousse des démocrates

ATLANTA, GA - OCTOBER 28: Former President Barack Obama speaks at a campaign event for Georgia Democrats on October 28, 2022 in College Park, Georgia. Obama is in Georgia in support of Democratic candidates, encouraging voters to turn out.   Elijah Nouvelage/Getty Images/AFP (Photo by Elijah Nouvelage / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)
ELIJAH NOUVELAGE / Getty Images via AFP ATLANTA, GA - OCTOBER 28: Former President Barack Obama speaks at a campaign event for Georgia Democrats on October 28, 2022 in College Park, Georgia. Obama is in Georgia in support of Democratic candidates, encouraging voters to turn out. Elijah Nouvelage/Getty Images/AFP (Photo by Elijah Nouvelage / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)

ÉTATS-UNIS - Parviendra-t-il à sauver le parti de la déroute ? Les Démocrates américains ont fait appel à Barack Obama pour mobiliser les électeurs à dix jours des midterms, qui décideront quel parti contrôlera le Congrès et donc la fin du mandat présidentiel de Joe Biden. Ces élections de mi-mandat se dérouleront mardi 8 novembre.

Pour venir en aide à son parti, l’ancien président de 2008 à 2016 a débuté une tournée de cinq meetings à travers les États-Unis. Il s’est rendu en Géorgie vendredi 28 octobre, poursuivra sa route dans les points chauds des élections en se rendant dans le Michigan et le Wisconsin ce samedi, puis dans le Nevada mardi. Il terminera la campagne le week-end prochain en Pennsylvanie.

En Géorgie, Barack Obama est venu soutenir le sénateur sortant Raphael Warnock qui affronte le sulfureux Herschel Walker, un conservateur républicain anti-avortement empêtré dans les affaires. L’ancien locataire de la Maison Blanche venait aussi défendre Stacey Abrams, qui concourt au poste de gouverneur de cet État du sud.

« Allez voter », enjoint Obama

Répondant à tous les « élection deniers » (ceux qui ne reconnaissent pas les résultats de la présidentielle de 2020), il a rappelé qu’il avait lui-même perdu des élections. « La première fois que j’ai brigué un siège au Congrès... J’ai perdu de 30 points. C’était embarrassant. J’ai été obligé de sortir le lendemain. J’avais un énorme L [pour loser, perdant, NDLR] sur le front. Vous savez ce que je n’ai pas fait par contre ? Je n’ai jamais dit que l’élection était frauduleuse », a-t-il déclamé.

Dans une salle comble avec un public acquis à sa cause, Barack Obama a ainsi appelé chacun à aller voter pour défendre la démocratie. « Je veux que vous décolliez de votre canapé et que vous alliez voter ! Posez votre téléphone, laissez TikTok tranquille, allez voter ! », a-t-il enjoint l’assistance.

Revenant sur les atteintes au droit à l’avortement et même au mariage pour tous face à une Cour suprême très conservatrice, Barack Obama a insisté : « Si ces droits ne valent pas 15 minutes de votre temps, je ne sais pas ce qui pourrait l’être. » Si les Républicains « gagnent, impossible de dire ce qui pourrait se passer », a-t-il alerté.

« Je suis ici aujourd’hui pour une simple raison : vous demander de voter. Car, encore une fois, ce n’est pas une élection ordinaire. Les enjeux sont plus élevés. Alors votez pour des candidats démocrates qui se battront pour vous », a-t-il ajouté dans un tweet.

Au même moment, Joe Biden prenait la parole en Pennsylvanie avec le même discours clair : il faut sauver la démocratie américaine en faisant barrage aux républicains, le parti de Donald Trump.

Les Républicains en bonne posture

Les sondages, à prendre avec bien des pincettes, prédisent pour l’instant que le parti démocrate gardera son précaire contrôle du Sénat, mais perdra celui de la Chambre des représentants au profit de l’opposition républicaine.

Après un mois de septembre en faveur des Démocrates, la récente remontée dans les enquêtes d’opinion des candidats de la droite conservatrice, y compris des plus virulents poulains de l’ex-président républicain Donald Trump, fait toutefois craindre à la Maison Blanche des pertes plus massives que prévu à la Chambre. Voire un basculement du Sénat, ce qui mettrait les deux chambres du Congrès sous le contrôle des républicains.

Traditionnellement, le parti au pouvoir perd des sièges quasi systématiquement au Congrès lors des élections de mi-mandat. Reste à savoir à quel point. Barack Obama est, d’une certaine manière, bien placé pour sonner l’alarme : son parti avait essuyé ce qu’il avait lui-même qualifié de «  dégelée » lors des élections législatives de 2010, marquant la moitié de son premier mandat.

Joe Biden, qui se targue régulièrement d’être un président proche de la « classe moyenne », éloigné du microcosme de Washington, donne pourtant l’impression depuis le début de la campagne de rester abrité dans la « bulle » en question. Il se déplace régulièrement et lève des fonds pour le parti démocrate, mais le président de 79 ans, impopulaire, ne s’est pas aventuré jusqu’ici dans certains États très disputés tels que l’Arizona.

Obama inquiet

Barack Obama, lui, avait fait part récemment d’une certaine préoccupation sur la direction adoptée par les démocrates, dans une interview mise en ligne mi-octobre. Il s’était inquiété de les voir se lancer dans des polémiques abstraites, autour de sujets de société complexes et de questions de vocabulaire, au risque d’apparaître déconnectés des préoccupations quotidiennes.

Et ce face à des républicains ayant adopté des stratégies électorales très simples, martelant sur tous les tons les mêmes messages, contre la criminalité et contre la vie chère. Estimant que la politique ne devait pas être une affaire de « rabat-joie », Barack Obama avait dit : « Et parfois les démocrates le sont, n’est-ce-pas ? ».

« Être seulement un peu plus concret et un peu plus prosaïque, je pense que cela ferait beaucoup pour contrer la propagande continuellement diffusée par Fox News », la chaîne favorite de la droite radicale, avait estimé Barack Obama.

À voir également aussi sur le Huffpost :

Lire aussi