Avant Jean-Paul Belmondo, hommages et obsèques des géants de la culture

·3 min de lecture
Jean-Paul Belmondo le 5 octobre 2007 à  Boulogne-Billancourt, près de Paris - Joël SAGET © 2019 AFP
Jean-Paul Belmondo le 5 octobre 2007 à Boulogne-Billancourt, près de Paris - Joël SAGET © 2019 AFP

Jean-Paul Belmondo aura droit à un hommage national. L'Elysée a annoncé ce mardi que la cérémonie aura lieu jeudi, aux Invalides, pour saluer la mémoire de l'acteur mort lundi à Paris à l'âge de 88 ans. Un honneur rare pour les artistes.

Comme l'explique le site officiel du gouvernement, un hommage national est "une cérémonie officielle généralement destinée aux militaires morts pour la France, même si certaines personnalités civiles au destin exceptionnel ont été ainsi honorées après leur décès". Le déroulé est très codifié:

"La cérémonie est décidée par le président de la République et inscrite au Journal officiel. Elle se déroule aux Invalides ou au Panthéon, dans un cadre protocolaire très précis, articulé autour du discours et de l’éloge funèbre prononcés par le chef de l’État, qui préside la cérémonie et passe les troupes en revue. Le cercueil du ou de la défunte est recouvert d’un drapeau tricolore."

Les personnalités civiles peuvent aussi le recevoir

Plusieurs personnalités politiques y ont également eu droit, comme Jacques Chaban-Delmas, Philippe Seguin, Pierre Mauroy, Dominique Baudis, Michel Rocard ou Simone Veil. Mais ce n'est que très récemment que la République a commencé à rendre des hommages nationaux aux civils, toujours selon le site du gouvernement: "Les premières personnalités civiles à avoir reçu un hommage national ont été les victimes des attentats du 13-Novembre 2015", est-il ainsi précisé.

Du côté des artistes, l'auteur Jean d'Ormesson, l'écrivain, cinéaste et producteur Claude Lanzmann, ainsi que le chanteur Charles Aznavour, ont depuis fait l'objet d'un hommage national (en 2017 et 2018).

D'autres hommages officiels

Il ne faut pas confondre l'hommage national et les obsèques nationales, qui ne "s'inscrivent pas dans un cadre officiel précis", comme l'explique le site du gouvernement:

"En cas d’obsèques nationales, les funérailles et l’hommage rendu sont pris en charge par l’Etat. Elles peuvent se dérouler dans des lieux choisis par les familles, pas nécessairement au Panthéon ou aux Invalides."

Elles rendent hommage à des personnalités éminentes, qu'il s'agisse d'hommes politiques, d'artistes ou de scientifiques. Paul Valéry, Louis Pasteur, Pierre Loti, Aimé Césaire, Joséphine Baker, Colette y ont eu droit.

Celles de Victor Hugo, en 1885, constituent la plus grande manifestation de l'histoire de Paris sans compter celles des 10 et 11 janvier 2015 - après l'attentat de Charlie Hebdo. Le cortège, qui achemine le 1er juin la dépouille de Victor Hugo des Champs-Elysées au Panthéon, est suivi par deux millions de personnes, rapporte la presse de l'époque.

Piaf, Gainsbourg, Montand...

Edith Piaf n'a pas eu droit à un hommage national, en raison de sa vie privée jugée dissolue par l'Église. Cela n'a pas empêché le peuple de Paris d'accompagner avec ferveur la "môme" le 11 octobre 1963. Le convoi funèbre, parti de son domicile dans le 6e arrondissement de Paris jusqu'au Père Lachaise, a été suivi par 500.000 personnes. Au moins 40.000 sont ensuite venues lui rendre un dernier hommage au cimetière.

Sans faire l'objet de cérémonies nationales, Claude François, Serge Gainsbourg, Yves Montand ou Coluche ont également eu des obsèques attirant une foule importante.

Le cas Johnny Hallyday

À la mort de Johnny Hallyday, le 5 décembre 2017, un hommage national est envisagé. Selon Le Parisien, c'est la famille du chanteur qui s'y est opposée, jugeant la cérémonie trop formelle et lui préférant un hommage populaire. La dépouille du chanteur a descendu les Champs-Elysées, avant une messe en son honneur à l'église de la Madeleine.

Il s'agissait, alors, du premier "hommage populaire", selon L'Alsace et Franceinfo. Depuis, Jacques Chirac y a également eu droit, en plus des funérailles nationales. La disparition de l'ancien président de la République a également été saluée d'une journée de deuil national. Une mesure décrétée par le président de la République à la mort d’un ancien chef d'Etat ou pour honorer les victimes d’attentats. Une minute de silence est observée et les drapeaux sont mis en berne.

Article original publié sur BFMTV.com

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles