Avant de découvrir "1917" de Sam Mendes, petite histoire du plan-séquence au cinéma

Jules Boudier

The Player (1992), scène 1. Une secrétaire répond au téléphone, se fait réprimander par sa supérieure, recul de la caméra, et c'est parti pour 8 minutes, sans raccords, de découverte du décor et des personnages. Passant d'un dialogue à l'autre, on est tout de suite imprégné par l'ambiance des bureaux de ce studio hollywoodien. Comme une illusion de liberté de se mouvoir, de découvrir la scène par soi-même, d'être un personnage parmi les autres...

Pas étonnant que Sam Mendes, qui voulait offrir avec 1917 une expérience immersive dans l'enfer des tranchées, ait appliqué cette technique. Et ce à l'intégralité de son film. Même si, naturellement, le film n'est pas vraiment filmé en une fois, l'action se déroule sans coupe, changement d'angle ou contrechamp.

Cette illusion est amenée par des transitions très subtiles entre des plans qui peuvent tout de même atteindre six minutes. Pendant deux heures, c'est comme si nous incarnions un soldat britannique aux côtés de George MacKay et Dean-Charles Chapman.

"Temps réél", "temps humain"

Qu'est-ce qu'un plan-séquence ? Un plan est tout simplement un bout de film qui se situe entre deux coupes ou raccords, et une séquence est une scène qui se déroule dans un seul lieu et qui comprend une action ou un dialogue par exemple. Logiquement, un plan-séquence est une séquence filmée en un seul plan, sans (...)

Lire la suite sur Franceinfo

A lire aussi