"Avant, on était plus chaleureux, le capitalisme nous a rendus froids" : en Roumanie, des habitants restent nostalgiques de l'ère soviétique

Louise Bodet

"Peu importe la météo, la pluie, la neige, rien ne peut nous empêcher d'y aller." Comme chaque année depuis 30 ans, Petre va fleurir la tombe du Conducator, Nicolae Ceausescu, qui a régné d'une main de fer sur la Roumanie entre 1965 et 1989.

Alors que Berlin célèbre la chute du mur, le 9 novembre 1989, il reste des habitants qui regrettent l'ère soviétique, sur fond de désenchantement économique et démocratique. "Ceux qui utilisent le mot dictateur, ce sont ses opposants, les ennemis du communisme", poursuit Petre.

Pour nous, la démocratie était bien plus aboutie dans le système socialiste que dans votre monde capitaliste.

Petre

à franceinfo

En Roumanie, le rideau de fer s'est brutalement abattu le soir de Noël 1989, quelques semaines après Berlin. Ceausescu est fusillé au terme d'un simulacre de procès, point final sanglant d'un règne despotique de 24 ans. Pendant toutes ces années, les Roumains ont vécu le pire : affamés, claquemurés, réprimés par la Securitate... Et pourtant, "l'ostalgie" est toujours à l'œuvre chez certains. Pas d'idéologie, mais de la nostalgie, explique cet habitant, au marché populaire d'Obor : "Depuis la révolution, tout a changé et en mal. Avant, on se parlait autrement, on était plus chaleureux. Le capitalisme nous a rendus plus froids." Une dame acquiesce : "Du temps de Ceausescu, un retraité pouvait faire quelques provisions pour l'hiver : un sac de patates, un sac d'oignons, de haricots... (...)

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