Avancée des Taliban dans le Panchir, Washington craint une guerre civile

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Les Taliban ont affirmé, dimanche, avoir gagné du terrain dans la vallée du Panchir, dernier bastion de résistance armée aux nouveaux maîtres de l'Afghanistan, où les conditions d'une guerre civile pourraient bientôt être réunies, selon Washington.

Les Taliban ont affirmé, dimanche 5 septembre, que plusieurs parties du Panchir étaient désormais sous contrôle des forces du régime. Les communications sont très difficiles avec la vallée du Panchir, où se trouve la dernière poche de résistance aux Taliban, et les médias et agences de presse ne sont pas en mesure de confirmer de source indépendante l'avancée réelle des Taliban dans la zone.

Selon l'ONG italienne Emergency, présente dans le Panchir, les forces talibanes ont atteint Anabah, un village situé à environ 25 km à l'intérieur de la vallée, longue de 115 km, dans la nuit de vendredi à samedi. "De nombreuses personnes se sont enfuies des villages de la zone ces derniers jours", a ajouté l'ONG dans un communiqué, précisant avoir reçu "un petit nombre de blessés au centre chirurgical d'Anabah".

Côté résistance, l'ancien vice-président Amrullah Saleh a fait état, depuis le Panchir, d'une "crise humanitaire à grande échelle", avec des milliers de déplacés suite "à l'assaut taliban".

Le porte-parole du Front national de résistance (FNR), Ali Maisam Nazary, a, quant à lui, assuré, depuis les États-Unis, que la résistance "n'échouerait jamais". "La résistance nationale et sacrée du peuple de ce pays n'échouera jamais, et même si cela prend des années, la victoire est à nous !" a-t-il écrit sur Facebook

La résistance menée par le fils du commandant Massoud

Depuis le 30 août et le départ des dernières troupes américaines du pays, les forces du mouvement islamiste ont lancé une série d'offensives contre cette vallée enclavée et difficile d'accès, située à 80 km au nord de Kaboul.

Bastion antitaliban de longue date, la zone, que le légendaire commandant Ahmed Shah Massoud a contribué à rendre célèbre à la fin des années 1990 avant d'être assassiné par Al-Qaïda en 2001, abrite aujourd'hui le Front national de résistance.

Emmené par Ahmad Massoud, le fils du commandant Massoud, le FNR comprend des membres de milices locales ainsi que d'anciens membres des forces de sécurité afghanes qui sont arrivés dans la vallée lorsque le reste de l'Afghanistan est tombé.

"Les conditions d'une guerre civile" bientôt "réunies"

Face à cette situation chaotique, le chef d'état-major de l'armée américaine, le général Mark Milley, a estimé que "les conditions d'une guerre civile" étaient "susceptibles d'être réunies" en Afghanistan.

"Je pense qu'il y a au moins une très forte probabilité d'une guerre civile" qui pourrait conduire "à une reconstitution d'Al-Qaïda ou à un renforcement du groupe État islamique ou d'autres groupes terroristes", a-t-il souligné.

Sur le plan humanitaire, même si la situation demeure critique en Afghanistan, elle commence à s'éclaircir. Le Qatar a annoncé avoir acheminé, samedi, en Afghanistan, 15 tonnes d'aide humanitaire en provenance du monde entier et indiqué que les vols allaient se poursuivre "dans les jours qui viennent".

L'ONU, qui a mis en garde cette semaine contre une "catastrophe humanitaire imminente", tiendra pour sa part le 13 septembre une réunion entre États membres afin d'accroître l'aide humanitaire au pays.

Avec AFP

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