Autriche, Serbie et Hongrie s’allient contre l'immigration clandestine

Le chancelier autrichien Karl Nehammer veut empêcher les demandeurs d’asile de choisir les pays dans lesquels ils demandent l’asile et forme une alliance avec la Serbie et la Hongrie à cette fin.

Le protocole d’accord a été signé à Belgrade, alors que le président serbe Aleksandar Vučić rencontrait le Premier ministre hongrois Viktor Orbán et le chancelier autrichien Karl Nehammer.

"Le système d’asile de l’UE a échoué", a déclaré Karl Nehammer à la presse. _"Nous en sommes arrivés au point où les différents pays européens recherchent de nouvelles formes de partenariat en dehors de ce qui est possible dans l'Union Européenne." "_L’asile à la carte" devrait prendre fin et le "tourisme de l’asile" devrait être arrêté, a ajouté le chancelier allemand.

Lors du sommet, l’Autriche a signé un protocole d’accord avec la Serbie et la Hongrie, qui vise à renforcer la coopération entre les trois pays. L’objectif : lutter contre l’immigration clandestine, le terrorisme et le crime organisé. En outre, il est nécessaire de séparer clairement l’asile et la migration, peut-on lire dans l’accord.

Le nombre de demandeurs d’asile en Autriche a triplé par rapport à l’année dernière. Le parti conservateur autrichien ÖVP cherche à se positionner comme le détracteur de la migration et des réfugiés avant les élections de 2024, une approche qui l’a vu gagner pour la dernière fois en 2017. Karl Nehammer a qualifié le pacte de "partenariat contre la traite des êtres humains ", bien qu'il s’agisse en réalité simplement d’arrêter les personnes qui cherchent à commencer une nouvelle vie au sein de l’UE.

La route des Balkans occidentaux, qui passe par la Turquie, la Bulgarie, la Macédoine du Nord et la Serbe est devenue principale voie migratoire vers l’Union Européenne. En septembre dernier, le nombre de passages y augmenté de 141% par rapport à l’année dernière.

Une recrudescence que l’Europe connaît sur plusieurs fronts, et qui provoque des tensions entre les états membres. La dernière en date est celle entre la France et l’Italie, en première ligne face à l’arrivée de migrants d’Afrique du Nord.

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