Fusillade "terroriste" à Vienne : plusieurs morts, au moins un suspect toujours en fuite

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Des assaillants lourdement armés ont semé la terreur lundi soir en plein centre de Vienne, près d'une synagogue. Plusieurs personnes, dont un suspect, ont été tuées, et d'autres ont été blessées. Au moins un tireur est toujours en fuite. Le chancelier autrichien a condamné "une attaque terroriste répugnante".

La dernière soirée avant le reconfinement s'est terminée en film d'horreur, lundi 2 novembre, à Vienne. Une fusillade a fait au moins trois morts, dont un suspect, et des blessés dans la capitale autrichienne. Partie d'une synagogue, elle se serait ensuite déroulée en cinq autres lieux situés à proximité.

Ces attaques ont impliqué plusieurs assaillants, dont au moins un est toujours en fuite, selon le ministre autrichien de l'Intérieur Karl Nehammer qui a donné une conférence de presse dans la nuit de lundi à mardi.

La première victime était un passant, et la deuxième une femme décédée de ses blessures, selon la chaîne de télévision publique ORF. Un des agresseurs a été abattu par la police, intervenue rapidement sur les lieux et dont l'un des membres a été blessé. Le maire de Vienne a fait part de l'hospitalisation de 15 personnes, dont sept dans un état grave.

Le directeur général de la Sécurité publique, Franz Ruf, a annoncé "un renforcement des contrôles aux frontières" et la mise en place de barrages dans la ville.

"Une attaque terroriste répugnante"

Des témoins ont déclaré que les assaillants ont ouvert le feu avec des armes automatiques contre des foules rassemblées dans des bars, alors que de nombreuses personnes profitaient d'une dernière escapade nocturne avant l'entrée en vigueur d'un couvre-feu et de restrictions sanitaires destinés à enrayer la propagation du coronavirus.

Les lieux visés se trouvent tous à proximité immédiate de la grande synagogue de Vienne, a déclaré la police sur Twitter. "À ce stade, il n'est pas possible de dire si la synagogue était visée", a réagi Oskar Deutsch, le président de la Communauté israélite de Vienne (IKG).

Le chancelier autrichien Sebastian Kurz a condamné lundi soir "une attaque terroriste répugnante". "Nous ne nous laisserons jamais intimider par le terrorisme et nous combattrons ces attaques avec tous nos moyens", a-t-il écrit sur Twitter, disant ses pensées pour "les victimes, les blessés et leurs proches".

Sebastian Kurz a annoncé que l'armée allait protéger des sites de la capitale autrichienne afin que la police puisse se focaliser sur les opérations antiterroristes. Il a indiqué que les suspects étaient "très bien équipés, avec des armes automatiques" et qu'ils s'étaient "préparés de manière professionnelle".

Contrôles à la frontière tchèque

Un témoin, interrogé sur une chaîne de télévision, a dit avoir vu "courir une personne avec une arme automatique, qui tirait sauvagement". La police est alors arrivée sur les lieux et a riposté, un autre témoin faisant état "d'au moins 50 coups de feu". "

Sur place, les forces de police se sont mobilisées en nombre pour garder les lieux, situés non loin de l'Opéra, tandis que des passants prenaient la fuite. Le ministre a appelé les habitants à rester à la prudence et à rester chez eux. Les enfants ont été dispensés d'école mardi.

De son côté, la police tchèque a indiqué avoir lancé des contrôles à la frontière avec l'Autriche. "La police mène des contrôles des véhicules et des passagers aux postes frontière avec l'Autriche, une mesure préventive à la suite de l'attaque terroriste à Vienne", a indiqué la police tchèque sur Twitter.

"Nous ne céderons rien"

Le président français Emmanuel Macron a immédiatement réagi. "Nous, Français, partageons le choc et la peine du peuple autrichien (...). Après la France, c'est un pays ami qui est attaqué. C'est notre Europe. Nos ennemis doivent savoir à qui ils ont affaire. Nous ne céderons rien", a tweeté le chef de l'État en français puis en allemand.

L'Élysée a précisé qu'Emmanuel Macron s'était entretenu dans la soirée avec le chancelier autrichien Sebastian Kurz, à qui il a "exprimé sa totale solidarité, son soutien et proposé l'aide de la France si nécessaire."

L'Union européenne a "condamné avec force" cette "horrible attaque", selon les mots du président du Conseil européen Charles Michel, évoquant "un acte lâche".

"Nous ne devons pas céder à la haine qui cherche à diviser nos sociétés", a aussi affirmé le ministère allemand des Affaires étrangères. "Même si l'ampleur des actes terroristes n'est pas encore déterminée, nos pensées sont avec les blessés et les victimes en ces heures difficiles", a tweeté le ministère allemand.

Le Premier ministre italien Giuseppe Conte a "fermement condamné" l'attaque. "Il n'y a pas de place pour la haine et la violence dans notre maison européenne commune", a-t-il indiqué sur Twitter en italien et en allemand, tandis que le ministre des Affaires étrangères italien Luigi Di Maio a tweeté que "l'Europe doit réagir" après cette "lâche attaque".

Aux États-Unis, le président Donald Trump a dénoncé sur Twitter "encore un vil acte de terrorisme". "Les États-Unis se tiennent au côté de l'Autriche, de la France, et de l'Europe toute entière dans le combat contre les terroristes, y compris les terroristes islamiques radicaux", a tweeté le candidat républicain à la veille du scrutin où il brigue la réélection. "Ces attaques du mal contre des innocents doivent s'arrêter", a-t-il ajouté.

Précédentes attaques

En 1981, deux personnes avaient été tuées et 18 autres blessées lors d'une attaque perpétrée par deux Palestiniens devant la même synagogue. En 1985, un Palestinien avait attaqué l'aéroport de Vienne à l'aide de grenades et de fusils d'assaut, tuant trois personnes.

En août dernier, les autorités autrichiennes ont arrêté un réfugié syrien de 31 ans soupçonné d'avoir préparé une attaque contre le chef de la communauté juive de Graz, la deuxième ville du pays.

Ces dernières années, l'Autriche a été épargnée par des attentats de grande ampleur comme ceux qu'ont pu connaître la France, l'Allemagne ou le Royaume-Uni.

Avec AFP et Reuters