Autriche: Démission du patron de l'Öbag, un proche du chancelier Kurz

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AUTRICHE: DÉMISSION DU PATRON DE L'ÖBAG, UN PROCHE DU CHANCELIER KURZ

VIENNE (Reuters) - Le président de l'Öbag, holding publique gérant les participations de l'Etat autrichien dans de grandes entreprises cotées en Bourse, a démissionné mardi de ses fonctions alors que la justice enquête sur des soupçons de parjure visant le chancelier Sebastian Kurz.

Le dirigeant autrichien est soupçonné d'avoir menti sous serment devant une commission d'enquête parlementaire relative à un scandale de corruption, "l'Ibizagate", qui a coûté sa place en 2019 à l'ex-chancelier et allié Heinz Christian Strache, chef du FPÖ (extrême droite).

Lors de son audition en 2020, Sebastian Kurz, 34 ans, avait nié toute intervention dans la nomination d'un proche, Thomas Schmid, à la tête de l'Öbag.

Or des échanges anciens de SMS entre les deux hommes, largement relayés dans les médias autrichiens, attestent d'une proximité entre le chancelier et ce haut fonctionnaire : "Tu as tout ce que tu veux", aurait ainsi écrit Sebastian Kurz au patron de la holding. Un message auquel Schmid avait répondu par des remerciements et des émojis figurant son affection.

Des échanges embarrassants qui pourraient valoir in fine une inculpation au chancelier autrichien pour "fausse déclaration". Sebastian Kurz nie toute infraction.

Pris dans la tourmente, Thomas Schmid, dont le mandat expirait théoriquement en mars 2022, a finalement été contraint à la démission.

L'Öbag avait indiqué en avril que son dirigeant n'irait pas au-delà de son mandat, mais elle précise mardi dans un communiqué que son conseil de surveillance est "parvenu avec M. Schmid à la conclusion que la cessation immédiate de son rôle constitue une étape nécessaire pour l'Öbag".

La directrice de l'entité, Christine Catasta, assurera l'intérim.

L'Öbag détient notamment 51% du capital de la compagnie d'électricité Verbund, 31,5% de la compagnie pétrolière OMV et 52,9% de La Poste autrichienne.

Le Parti social-démocrate autrichien (SPÖ, opposition), qui accuse le chancelier de népotisme, a jugé que la démission de Schmid participait de "l'effondrement du système Kurz".

(François Murphy, version française Sophie Louet, édité par Blandine Hénault)

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