Autriche : chef du gouvernement à 31 ans ?

Par Yves Cornu
Ministre des Affaires étrangères à 27 ans, Sebastian Kurz s'apprête à devenir le plus jeune Premier ministre d'Europe. Il privilégierait une alliance avec l'extrême droite

Le très conservateur Sebastian Kurz pourrait être nommé Premier ministre à l'issue des législatives de dimanche. Portrait d'un jeune homme très pressé.

À l'âge auquel les ambitions les plus féroces commencent à envisager une candidature à la députation, lui en est déjà à briguer le poste de chancelier. Avec des chances très sérieuses de l'obtenir : le parti conservateur (ÖVP) qu'il a repris en main, il y a cinq mois, devance largement les sociaux-démocrates (SPÖ) du chef du gouvernement sortant, Christian Kern, et la formation d'extrême droite (FPÖ).

À 31 ans, Sebastian Kurz est pourtant, déjà, un vieux routier de la politique autrichienne. Visiblement trop impatient pour mener à leur terme ses études de droit, il avait tout plaqué il y a six ans pour prendre la tête des jeunes conservateurs. La suite du parcours a été menée à grandes enjambées : d'abord secrétaire d'État à l'Intégration, puis ministre des Affaires étrangères (à 27 ans !), poste qu'il occupe toujours au sein de l'actuelle coalition réunissant SPÖ et ÖVP et, désormais, chancelier en puissance.

Trajectoire fulgurante, charisme évident, physique de gendre idéal et manières policées, il y a du Macron dans cet homme-là. Kurz a d'ailleurs suivi avec beaucoup d'attention la façon dont le président français a mené sa barque durant la campagne. Au point de lancer un «  mouvement  », la Liste Kurz, pour tenter de faire oublier son appartenance à un parti conservateur épuisé par une présence quasi ininterrompue au pouvoir.

Une alliance avec l'extrême droite ?

Pour ce qui est des idées, en revanche, les divergences entre le trentenaire et son aîné sont criantes. Car Kurz est un conservateur très conservateur. Hostile à l'accueil des migrants, il a obtenu la fermeture de la «  route des Balkans  » qui avait fait de l'Autriche l'un des principaux pays d'accueil ; il rêve (...)

Lire la suite sur LePoint.fr

Ce contenu peut également vous intéresser :



Laurence Debray : lettre au roi d'Espagne
Recevez la newsletter Le Point.fr

En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages