En Autriche, bientôt des “urgences des violences” pour les victimes de viols et d’agressions sexuelles

Photo Leonhard Foeger/REUTERS

“Toute femme qui a besoin d’aide en recevra.” Avec cet engagement, Susanne Raab est revenue, le 6 décembre, sur la situation des femmes victimes de violences en Autriche. Selon Der Standard, la ministre des Femmes et ses collègues de la Justice, de l’Intérieur et de la Santé souhaitent aller encore plus loin dans leur prise en charge. Les ministres proposent, entre autres, la création d’“urgences des violences” affectées vingt-quatre heures sur vingt-quatre à l’accueil des victimes de viols ou d’agressions sexuelles.

La mesure doit permettre une prise en charge plus rapide, mais aussi de recueillir davantage de preuves en cas d’action en justice. “Le taux de condamnation est actuellement de 7 % pour les délits sexuels, explique le titre viennois. Dans les affaires de viol ou d’atteinte sexuelle, c’est souvent la parole de l’un contre celle de l’autre. Les choses changeraient s’il y avait davantage de preuves.” La ministre de la Justice, Alma Zadic, espère même voir le nombre de condamnations doubler grâce à de tels dispositifs.

21 000 victimes de violences

“Comment seront organisées ces urgences, cela reste encore à déterminer”, précise néanmoins le quotidien autrichien. Le pays pourrait notamment s’inspirer d’autres États européens, comme l’Allemagne, où des unités de ce type ont été mises en place à Heidelberg, Arnsberg ou encore Düsseldorf. “On peut envisager un partenariat avec des hôpitaux, des équipes mobiles ou des téléconsultations.” Le gouvernement veut aussi mieux faire connaître les services d’aide psychosociale gratuits à destination des victimes.

Ces annonces s’inscrivent dans un contexte plus global, note Der Standard. “Pendant que la ministre des Femmes, Susanne Raab, présidait le sommet sur la protection contre la violence, un procès pour tentative de féminicide se déroulait devant le tribunal pénal régional de Vienne.” En début d’année, une étude commandée par le gouvernement assurait que 319 femmes avaient été tuées entre 2010 et 2020, principalement par leur conjoint ou ex-partenaire. Cela faisait de l’Autriche l’un des États européens les plus touchés par le phénomène.

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