Autrefois aimés, les maires “essuient aujourd’hui le gros du mécontentement” des Français

photo LILIAN CAZABET/Hans Lucas via AFP

Être maire en France est de moins en moins enviable. Ce mercredi 23 novembre, jour où un millier d’édiles sont reçus à l’Élysée dans le cadre du 104e Congrès des maires de France, The Times de Londres se penche sur la condition de l’élu le plus populaire de l’Hexagone. Verdict : précaire. Un nombre croissant ne veut plus l’être, rapporte le quotidien conservateur :

“Plusieurs centaines de maires ont quitté leurs fonctions en raison du stress, d’agressions et de menaces dont ils font l’objet ces deux dernières années.”

Ils sont des milliers à avoir été la cible de menaces. Selon une enquête réalisée par le Cevipof (Centre de recherches politiques de Sciences-Po), les différends et conflits locaux se règlent de moins en moins en toute civilité. La part d’élus qui déclarent avoir été victimes de menaces verbales ou écrites a augmenté de 11 points en deux ans, passant de 28 % à 39 %. Les incivilités (impolitesse, agressivité), de 10 points (de 53 % à 63 %) ; les injures ou insultes, de 8 points (de 29 % à 37 %) ; les attaques sur les réseaux sociaux ou les violences physiques sont, elles aussi, en lente mais constante augmentation.

Ils essuient le gros du mécontentement

Plus la municipalité est petite, plus les maires symbolisent le puissant État français, note le Times. “Les élus traditionnellement les plus aimés des Français, notamment ceux des petites communes, essuient aujourd’hui le gros du mécontentement et des comportements antisociaux qui se multiplient dans le pays.” Et ce pour à peine 500 euros d’indemnisation par mois, une somme qui paraît bien modeste au regard de la charge de travail.

Après avoir recueilli les témoignages de nombreux maires, le quotidien britannique identifie les violences et les problèmes de finances comme pesant le plus lourdement sur ces élus. Le président de l’Association des maires, le Cannois David Lisnard (Les Républicains) tient en outre le président de la République pour responsable des difficultés que connaissent les municipalités.

Il lui reproche “d’avoir supprimé la taxe d’habitation sans proposer de source de financement pour compenser cette perte”. Un problème qui s’est vu aggravé par la crise de l’énergie, qui force souvent les municipalités à éteindre les lumières et le chauffage. Emmanuel Macron de son côté, estime le Times, hué par les mêmes maires il y a quatre ans, tentera aujourd’hui de les rassurer.

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