Les autotests, nouvelle arme pour faire reculer le Covid-19 en France

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Homologués en France le 16 mars par la Haute autorité de santé, les autotests sont disponibles depuis lundi en pharmacie et doivent permettre de compléter l’offre de dépistage. Comment fonctionnent ces tests à réaliser soi-même ? Quelle sera leur utilité dans la lutte contre l’épidémie ? Éléments de réponse.

Après les tests salivaires, c’est un nouvel outil qui s’ajoute à la panoplie du gouvernement pour freiner la propagation du Covid-19. Les autotests sont désormais en vente depuis lundi 12 avril dans 6 000 pharmacies de l’Hexagone.

Ils "vont se déployer progressivement dans des milliers d'officines tout au long de la semaine", a indiqué le ministre de la Santé, Olivier Véran, dans un entretien au Journal du dimanche.

Ces tests sont rapides et simples à utiliser : il s’agit de réaliser soi-même un prélèvement nasal, mais moins profond que celui des tests PCR classiques réputés très désagréables. "Ensuite, on place l’écouvillon dans un réactif puis on verse quelques gouttes sur ce que l’on appelle une savonnette. Si un trait apparaît, vous êtes négatif ; si ce sont deux traits, le test est positif. Cela ressemble un peu à un test de grossesse", détaille Jérôme Marty, président du syndicat UFML (Union française pour une médecine libre), joint par France 24.

Le résultat est disponible en 15 à 20 minutes. S'il est positif, il faut ensuite le confirmer avec un test PCR plus fiable.

Les Français peuvent se procurer un autotest au prix plafonné de 6 euros – prix qui baissera à 5,20 euros à partir du 15 mai. En revanche, ils sont gratuits pour les salariés à domicile intervenant auprès de personnes âgées ou en situation de handicap, précise le ministère de la Santé.

Selon Jérôme Marty, cet outil est "primordial" dans la lutte contre le Covid-19. "À mon sens, c’est aussi important que la vaccination, estime le médecin généraliste. C’est un outil qui participe à éviter de redonner un essor à la diffusion virale."

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"Les Français doivent s’en emparer"

Principal atout de ces tests faits maison : leur rapidité. Avant un repas de famille, un cinéma ou une sortie entre amis, ils pourraient permettre de s’isoler en cas de résultat positif. Ils seraient particulièrement utiles pour détecter les personnes asymptomatiques.

Ce nouvel outil a aussi pour avantage de toucher des populations qui ne se font pas suffisamment tester, comme les personnes résidant en zone rurale, loin d’un laboratoire d’analyse.

En généralisant ces tests réalisés par les particuliers, la France marche dans les pas d’autres pays européens comme les Pays-Bas, l’Autriche, la Suisse, le Royaume-Uni ou encore l’Allemagne, qui depuis début mars autorise la vente de kits d’autotest en grandes surfaces.

Pour l’heure, dans l’Hexagone, seules les pharmacies sont autorisées à vendre ces dispositifs médicaux, une décision qui empêcherait une large diffusion de cette nouvelle méthode de dépistage, selon Jérôme Marty. "Encore une fois, on élabore une stratégie non pas en fonction de l’intérêt de l’outil mais en fonction de sa quantité disponible à un instant T. Les autorités nous expliquent que c’est un dispositif médical et que c’est compliqué à utiliser. Ce n’est pas vrai. C’est aussi facile à utiliser qu’un test d’alcoolémie."

Le médecin généraliste plaide pour une grande campagne de sensibilisation car, pour que cette méthode se généralise, "il faut que la population s’en empare". "Il faut communiquer dessus, que cela soit disponible et pas cher. Pour le moment, aucune de ces trois conditions n’est réunie."

Priorité aux établissements scolaires

Pour le gouvernement, ces autotests doivent servir également à préparer la réouverture des établissements scolaires. "Ils vont être rapidement mis à disposition dans les établissements scolaires. Nous envisageons d’aller jusqu’à deux tests par semaine, par élève et par enseignant", assure Olivier Véran.

Des promesses qui laissent sceptiques les syndicats d’enseignants joints par France 24. "Nous avons encore l’impression d’un effet d’annonce, regrette Sophie Vénétitay du Snes-FSU, premier syndicat dans les collèges et lycées. "Il reste énormément de questions sans réponse. Les élèves feront-ils le test chez eux ou dans l’établissement ? Qui sera présent pour les encadrer ? Qui va distribuer les kits d’autotest ? Comment seront transmises les informations en cas de test positif ? Cela reste extrêmement flou et nébuleux."

Autre point d’interrogation : les élèves et les enseignants vont-ils spontanément réaliser ces autotests ? Lancé à l’automne, le déploiement des tests antigéniques dans les collèges et les lycées avait révélé la complexité de la mise en œuvre de cette campagne.

Pour l’heure, ces autotests seraient proposés aux enseignants du premier degré dès la reprise, le 26 avril, et aux professeurs du secondaire et aux élèves de plus de 15 ans à compter du 3 mai.