Autotests dans les lycées: comment les dépistages vont-ils se dérouler?

Salomé Vincendon
·4 min de lecture
Une étudiante de l'université de Glasgow pratique un autotest pour dépister le Covid-19 dans un centre de test itinérant, le  24 septembre 2020, alors qu'un cluster a été découvert sur le campus - Andy Buchanan © 2019 AFP
Une étudiante de l'université de Glasgow pratique un autotest pour dépister le Covid-19 dans un centre de test itinérant, le 24 septembre 2020, alors qu'un cluster a été découvert sur le campus - Andy Buchanan © 2019 AFP

Les autotests commandés par l'Éducation nationale arrivent progressivement dans les établissements scolaires. Deux millions ont été diffusés ces derniers jours, et en tout 60 millions doivent être distribués entre mai et juin, a assuré le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer dans le JDD ce week-end.

"Notre stratégie 'tester, alerter, protéger' atteint un troisième niveau : après les tests antigéniques du premier trimestre, les tests salivaires du deuxième, nous proposons maintenant les autotests", a-t-il déclaré.

· À quoi servent ces autotests ?

Les autotests distribués dans les écoles sont des tests antigéniques sur prélèvement nasal à réaliser soi-même, censés être plus simples d'utilisation et moins douloureux. Ils sont constitués d'un écouvillon de 3 à 4 centimètres - moins long que la tige d'un test PCR - à introduire dans le nez. Le résultat est rapide: 15 à 20 minutes selon les consignes des fabricants.

Ils "permettent de détecter rapidement les personnes qui sont contagieuses sans le savoir car elles n’ont pas de symptômes (30 à 50 % des cas)", explique une fiche du ministère de l'Éducation nationale (fichier PDF). "En répétant l’autotest régulièrement, on augmente les chances de détecter le virus au début de la maladie lorsque l'on est le plus contagieux."

Ils "ne représentent aucun caractère invasif et aucune douleur, c'est très simple à faire et ça ne fait pas mal", faisait valoir le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer lors de l'annonce de la mise en place de ces autotests.

· À qui sont-ils destinés ?

Ces autotests ont commencé à être distribués la semaine dernière aux enseignants du primaire, ils le seront ensuite à ceux du secondaire, et enfin aux lycéens de plus de 15 ans à partir du 10 mai. À compter de cette date, des séances hebdomadaires de dépistage pour tous les lycéens au sein de leur établissement, à raison d'une par lycéen chaque semaine, seront organisées.

Lundi dernier, la Haute autorité de santé (HAS) a autorisé les autotests aux moins de 15 ans, pour augmenter sensiblement la facilité et la capacité de dépistage. Mais dans les établissements scolaires, ils restent pour le moment réservés aux plus de 15 ans. "Pour l’école primaire, notre stratégie repose sur les tests salivaires. Nous développerons peut-être les autotests pour des classes de collège, fin mai, en plus des tests salivaires", explique dans le Journal du dimanche Jean Michel-Blanquer.

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"La réalisation des autotests n’est pas une obligation. Le consentement des responsables légaux des élèves mineurs et des élèves majeurs doit avoir formellement été recueilli au préalable", précise l'Éducation nationale.

· Comment vont-ils être réalisés ?

Avant de passer à la réalisation du test, les lycéens doivent "avoir reçu une information complète et précise sur les modalités de réalisation des tests par une personne formée, en particulier sur l’auto-prélèvement", explique un protocole de l'Éducation nationale (fichier PDF).

L'élève va ensuite pratiquer lui-même son autotest, sous la surveillance d'un professionnel de santé (médecin, infirmière scolaire, pompier...) ou de personnels de l'Éducation nationale. Le jour du test, les établissements scolaires doivent prévoir une salle dédiée pour accueillir les élèves, avec une capacité d'accueil importante (moins de deux mètres entre les élèves), des facilités d'aération et permettant par exemple de gérer les flux entrant et sortant, est-il encore écrit.

Du gel hydroalcoolique doit être mis à disposition, et "dans la mesure du possible", il est demandé de "nettoyer et désinfecter la surface des tables sur lesquelles sera posé le matériel nécessaire à la réalisation de l’autotest à chaque séance à l’aide, par exemple, de lingettes virucides".

· Que faire si le résultat est positif ?

Si le résultat est positif, "il faut s’isoler et effectuer au plus vite un test PCR de confirmation", explique le ministère, car les autotests sont moins fiables que les PCR. "Il est par ailleurs recommandé de contacter son médecin traitant qui indiquera la marche à suivre". "Nous fermerons la classe dès qu'il y a un cas de contamination", avait assuré Jean-Michel Blanquer.

En cas de résultat négatif, il faudra tout de même continuer à respecter les gestes barrières et à pratiquer des dépistages, "car l’autotest ne détecte pas une charge virale trop faible et que l’on peut attraper le Covid à tout moment".

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· Une campagne réalisable?

Si les consignes données par le gouvernement pour la mise en place de ces dépistages de grande ampleur sont claires, leur faisabilité a été remise en cause par trois syndicats enseignants (SNPDEN-UNSA, ID-FO et SGEN-CFDT), qui dénoncent dans un communiqué un "cahier des charges irréaliste". Cette opération "nécessite du temps, des locaux dédiés et disponibles, des conditions d’hygiène adaptées, du personnel formé et en nombre" soulignent-ils. Tous les établissements scolaires n'ont par exemple pas assez de personnel pour faire les formations à l'autotest.

Et "tous les lycées ne disposeront pas de locaux dédiés en nombre suffisant et des surfaces requises pour réduire au maximum la durée hebdomadaire de ces autotests", prévient auprès de l'Agence France-Presse (AFP) Philippe Vincent, secrétaire général du principal syndicat des chefs d'établissement (SNPDEN), qui précise qu'au "mois de juin, il y aura en plus des épreuves de bac qui occuperont des salles supplémentaires".

Article original publié sur BFMTV.com