Les autorités russes ouvrent une enquête après des révélations sur des viols commis en prison

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Photo d'illustration - AFP
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Les autorités russes ont lancé mardi des inspections après la publication d'une vidéo montrant le viol d'un détenu, un enregistrement publié par une ONG disant avoir reçu des centaines d'éléments attestant de tortures systématiques dans les prisons du pays.

Lundi soir, l'ONG Gulagu.net a publié sur son compte Telegram cette vidéo de près de trois minutes où un homme nu et alité, les mains et les jambes attachés, est sodomisé à l'aide d'une longue perche par un autre homme.

Un deuxième homme filme le viol, tandis qu'un troisième maintient un tissu sur le visage de la victime pour étouffer ses cris. Selon Gulagu.net, la scène a été filmée le 18 février 2020 dans une unité médicale pour prisonniers malades de la tuberculose à Saratov, dans le centre de la Russie.

Des tortures infligées à de nombreux détenus

L'ONG affirme avoir reçu de la part d'un lanceur d'alerte plus de 1000 vidéos montrant des tortures en prison. Selon cette source, des détenus, en nombre, y sont maltraités pour leur arracher des aveux ou les contraindre à collaborer avec les gardiens.

Mardi, le service pénitentiaire russe a annoncé avoir envoyé des inspecteurs à Saratov pour "vérifier l'authenticité" de la vidéo publiée par Gulagu.net. Le Comité d'enquête de Saratov et le Parquet général ont également lancé des investigations.

Interrogé sur le sujet, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a affirmé qu'une "procédure sérieuse" sera nécessaire si "l'authenticité" des images était établie.

Plus de 1000 vidéos

Le directeur de Gulagu.net, Vladimir Ossetchkine, a affirmé avoir reçu plus de 1000 vidéos, tournées dans plusieurs prisons du pays, via un ancien prisonnier et informaticien, de nationalité bélarusse, ayant été emprisonné à Saratov.

Selon des sources anonymes citées par l'agence de presse Interfax et le média local Vgliad-Info, le chef des services pénitentiaires de la région de Saratov, Alexeï Fedotov, a présenté mardi sa démission.

Le système pénitentiaire russe est très régulièrement entaché de scandales de tortures, commises par des gardiens ou d'autres détenus à leurs ordres. Selon Vladimir Ossetchkine, qui vit réfugié en France, les autorités font toujours tout pour dissimuler l'ampleur de ces sévices dans l'univers carcéral.

"Les autorités russes sont hypocrites et feront tout pour minimiser leur responsabilité dans cette usine à tortures", a-t-il dit.

Article original publié sur BFMTV.com

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