Les autorités de Hong Kong mettent la pression sur le Canada

·2 min de lecture
LES AUTORITÉS DE HONG KONG METTENT LA PRESSION SUR LE CANADA
LES AUTORITÉS DE HONG KONG METTENT LA PRESSION SUR LE CANADA

HONG KONG (Reuters) - Plusieurs hauts responsables de l'exécutif de Hong Kong ont déclaré samedi être "très déçus" par la décision du Canada de suspendre l'application du traité d'extradition mis en place avec la "région administrative spéciale".

La décision canadienne a été prise en réaction à l'entrée en vigueur de la très contestée loi sur la sécurité nationale, qui s'applique depuis mardi soir à Hong Kong.

Le Canada pourrait aussi interdire l'exportation de matériel militaire sensible vers l'ex-colonie britannique, a ajouté le Premier ministre canadien, Justin Trudeau.

"Nous étudions aussi d'autres mesures, y compris sur l'immigration", a-t-il dit.

Le chef du gouvernement fédéral n'a pas précisé sa pensée, mais des avocats pensent qu'Ottawa pourrait faciliter l'immigration de Hongkongais ayant de la famille au Canada.

"Le gouvernement canadien doit expliquer devant l'Etat de droit et devant le monde pourquoi il permettra à des fugitifs de se soustraire à leurs responsabilités légales", a réagi le secrétaire à la Sécurité de Hong Kong, John Lee, lors d'une émission radiophonique.

La décision canadienne, a-t-il ajouté, répond à des impératifs politiques au mépris du droit.

La secrétaire hongkongaise à la Justice, Teresa Cheng, a exprimé la même déception face à l'initiative du Canada et a ajouté qu'elle constituait vraisemblablement une atteinte au droit international.

La loi sur la sécurité nationale à Hong Kong promulguée mardi par le Parlement chinois est destinée à lutter contre la subversion, le terrorisme, le séparatisme et la collusion avec des forces étrangères dans la région administrative spéciale et prévoit des peines pouvant aller jusqu'à l'emprisonnement à perpétuité.

Elle autorise aussi les agences chinoises de sécurité à s'implanter à Hong Kong et permet des extraditions vers la Chine continentale.

Pour ses détracteurs, elle signe la fin du principe "un pays, deux systèmes" qui a présidé à la rétrocession à la Chine de l'ancienne colonie britannique, lui garantissant au moins jusqu'en 2047 un haut degré d'autonomie et le respect des droits et libertés de ses habitants.

(Clare Jim avec David Ljunggren à Ottawa; version française Camille Raynaud, édité par Henri-Pierre André)