Les autorités américaines poursuivent Google pour abus de position dominante

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La justice américaine et 11 Etats ont déposé ce mardi 20 octobre une plainte contre Google pour abus de position dominante dans le domaine de la recherche et des annonces publicitaires en ligne, résultat d'un an d'enquête qui a également visé Facebook et Apple.

Aux États-Unis, le département de la Justice et la principale autorité fédérale en matière de concurrence (FTC) ont déposé, ce mardi 20 octobre, une plainte pour abus de position dominante dans le domaine de la recherche et des annonces publicitaires en ligne. Onze États, tous républicains, se sont joints à cette démarche. Ils accusent Google de maintenir illégalement son monopole sur la recherche en ligne, notamment via des accords commerciaux exclusifs qui verrouillent la concurrence. Google a par exemple versé des milliards de dollars à Apple pour que son moteur de recherche apparaisse par défaut sur les iPhones.

Selon le département de la justice, ces pratiques nuisent aux utilisateurs, aux annonceurs et aux petites entreprises en leur offrant un choix réduit, des prix publicitaires plus élevés et moins de qualité. « Si nous laissons Google poursuivre ses pratiques, nous perdrons la prochaine vague d'innovateurs Le temps est venu de rétablir la concurrence dans ce secteur vital », estime le département de la Justice dans son communiqué. Les autorités américaines réclament des changements structurels, ce qui pourrait aboutir à un démantèlement du géant californien, indique notre correspondante à Washington, Anne Corpet.

L'administration américaine a fait de ce sujet un cheval de bataille en lançant il y a plus d'un an une série d'enquêtes visant les pratiques de Google, Amazon, Apple et Facebook. Ses dirigeants avaient été auditionnés cet été par les membres du Congrès.

La filiale Alphabet a réagi sur Twitter en dénonçant de graves insuffisances dans la plainte. « Si le client choisit Google, c'est par choix et non par manque d'alternative », se défend la société.

Les autorités européennes avaient déjà tranché l'an dernier en infligeant une amende de 4,3 milliards d'euros au groupe Alphabet pour pratiques déloyales. Pas de quoi faire frémir le géant, capitalisé à 800 milliards de dollars. La procédure lancée par le gouvernement américain pourrait prendre des années. Mais sa force, c'est qu'elle jouit d'un vaste soutien.

En Californie, le timing de cette plainte pose question sur ses motivations politiques à deux semaines de la présidentielle, au moment où les républicains accusent les géants de la tech d’un biais anti-Trump. Mais ces poursuites sont également saluées à gauche ou de nombreux élus demandent depuis deux ans le démantèlement des géants du numérique à commencer par Google mais aussi Facebook.

C'est en tout cas la plus importante action judiciaire en plus de 20 ans menée par le gouvernement fédéral américain à l'encontre de l'un de ses géants des nouvelles technologies. La dernière action de cette nature date d'il y a 22 ans contre Microsoft. Elle s'était soldée par un règlement à l'amiable.