Automobile: La fin des ventes de voitures thermiques arrivera avant 2035

De nombreux constructeurs ont anticipé l'objectif zéro émission pour les voitures neuves en 2035 (photo d'illustration) (Photo: DANIEL LEAL via AFP)
De nombreux constructeurs ont anticipé l'objectif zéro émission pour les voitures neuves en 2035 (photo d'illustration) (Photo: DANIEL LEAL via AFP)

De nombreux constructeurs ont anticipé l'objectif zéro émission pour les voitures neuves en 2035 (photo d'illustration) (Photo: DANIEL LEAL via AFP)

AUTOMOBILE - Un engagement climatique imposé par l’UE pour dans 13 ans, mais une promesse déjà cochée à l’agenda de nombreux constructeurs. Le Parlement européen a approuvé, ce mercredi 8 juin, un texte visant le “zéro émission” pour les voitures et camionnettes neuves à horizon 2035. Cela alors que les véhicules représentent actuellement au moins 12% des émissions de CO2 de l’Union européenne.

Le texte a été voté par 339 eurodéputés (249 voix contre, 24 abstentions) après une âpre bataille. Un amendement du PPE (droite pro-européenne et première force au Parlement), finalement rejeté, proposait en effet de viser plutôt une réduction de 90% des émissions automobiles d’ici à 2035. Une marge de manœuvre qui aurait permis de poursuivre la vente de voitures hybrides sur le sol de l’union.

Ce n’est pas le cas. Le texte n’autorise donc de facto que la vente de véhicules électriques sur le marché européen à compter de 2035 (sauf une exception très symbolique), même s’il doit encore être négocié avec les dirigeants des États membres de l’Union pour finaliser un compromis. “Nous fixons un cap clair à l’industrie en soutenant la fin des moteurs thermiques en 2035, une victoire importante et cohérente avec l’objectif de neutralité carbone pour 2050”, puisqu’une voiture roule en moyenne 15 ans, s’est félicité l’eurodéputé macroniste Pascal Canfin.

Un objectif de neutralité qui pourrait même arriver avant 2050, car une grande partie des principaux constructeurs mondiaux ont anticipé cette contrainte -ou cette nécessité commerciale et climatique- pour un horizon beaucoup plus court depuis l’annonce du projet européen en juillet 2021. Le HuffPost liste le calendrier des promesses des grandes marques et de leurs avancées en matière de transition électrique.

Les constructeurs qui ont pris de l’avance

- Avant 2030

- Peugeot, Fiat, Opel (désormais réunis dans legroupe Stellantis) ont promis de ne plus commercialiser des voitures à moteur thermique avant 2030. Parmi les plus gros constructeurs du groupe Opel est sans doute le plus ambitieux, le constructeur allemand prévoit que tous ses modèles en vente sur le marché européen seront électriques à partir de 2024.

Peugeot prévoit une gamme “intégralement électrique d’ici 2025”, avec les déclinaisons électriques de ses actuelles 208 ou 2008. La Peugeot e-308 est attendue en 2023. Les batteries de la marque seront produites, avec une filiale de Total, à Douvrin dans le Pas-de-Calais.

De son côté, Fiat a déjà amorcé sa transition électrique avec la sortie de la nouvelle Fiat 500e, 100% électrique, depuis septembre 2020. C’est d’ailleurs la voiture électrique la plus vendue en France en mai 2022. Une nouvelle gamme de la voiture phare de la marque italienne est prévue pour 2027 et l’ensemble de ses ventes seront tout électriques d’ici à 2030.

- Mercedes est également présenté comme un bon élève chez les vendeurs généralistes. Le PDG du groupe -qui rassemble Mercedes, Smart ou Maybach- a assuré que tout le catalogue du groupe sera électrique à partir de 2030. Le constructeur prévoit également de réduire de 80% ses investissements dans le thermique d’ici à 2026 pour ne se concentrer que sur l’électrique et l’hybride rechargeable.

- Ford s’est fixé le même dernier délai de 2030 pour ses ventes sur le marché européen. Sa première voiture électrique compacte doit sortir en 2023, d’autres modèles 100% électriques doivent ensuite suivre. Le constructeur américain “proposera tous les modèles de voitures particulières en Europe à partir de la mi-2026 au moins dans une variante hybride rechargeable ou dans une variante électrique à batterie. À partir de 2030, notre gamme de voitures particulières en Europe sera composée uniquement de véhicules purement électriques”, a déclaré un porte-parole de l’entreprise. Reste à convaincre les acheteurs, après l’échec de la sortie des premiers modèles sur le marché européen.

- Entre 2030 et 2035

- Renault s’est engagé en 2021 dans un changement de stratégie et ambitionne désormais une électrification de 90% à 100% de ses nouveaux modèles en 2030. Sa nouvelle berline, la Renault Mégane E-Tech, n’est disponible qu’en électrique alors que l’ensemble des “sportives” seront intégrées à la marque Alpine. La Renault R5 électrique doit, elle, remplacée la Zoé en 2024.

- Audi, la filiale de Wolkswagen, s’est également fixée une date concrète pour l’abandon du thermique. Son dernier modèle intégrant un moteur à combustion doit arriver sur le marché en 2026 pour être proposé jusqu’en 2033. Le groupe promet d’avoir plus de 20 voitures électriques (A3, A4, Q6 e-tron, puis Q3) dans son catalogue d’ici à 2025.

- Mini prévoit, elle, “une gamme exclusivement électrique au début des années 2030, même si un nouveau modèle de la marque avec un moteur à combustion doit sortir “pour la dernière fois” en 2025. Après la Cooper SE, la filiale de BMW promet une nouvelle génération de Mini Countryman électrique en 2023.

Les constructeurs qui vont devoir accélérer

- BMW justement est sans doute l’un des grands groupes internationaux à avoir pris le plus de retard. Même si le groupe a annoncé un changement de stratégie, c’est le seul grand groupe allemand qui n’a pour l’instant pas fixé d’agenda pour la sortie définitive de ses ventes de voitures thermiques. Il espère que 50% de ses ventes seront entièrement électriques en 2030 et s’est engagé à sortir une version électrique pour chaque nouveau modèle à venir.

- Citroën commercialise déjà des modèles électriques et prévoit le lancement de plusieurs véhicules utilitaires “zéro émission”. Mais la marque aux chevrons ne s’est pour l’instant engagée sur aucune date pour “le tout électrique”. Filiale de Stellantis comme Peugeot, la marque française devrait cependant suivre le calendrier fixé par le groupe.

- Wolkswagen (Seat et Skoda comprisavance également pour se conformer à la future législation européenne et prévoit que “70% de ses nouvelles voitures en Europe” seront électriques en 2030. “Cela signifie que Volkswagen produira probablement les derniers véhicules à moteur à combustion pour les marchés européens entre 2033 et 2035″, a expliqué un porte-parole de Volkswagen. Mais le calendrier officiel reste flou. La firme allemande prévoit d’ailleurs de créer sa propre batterie pour ses voitures électriques avant la construction de six gigafactories sur le continent européen.

- Toyota et Lexus sont euxconfrontés à une autre problématique. Le géant japonais a fait le pari commercial de l’hybridation et n’a réorienté sa stratégie vers le 100% électrique que fin 2021. Son premier modèle “zéro émission”, le SUV BZ4x, vient tout juste de sortir. Trente modèles, du petit crossover urbain proche de l’actuel Yaris à la sportive de chez Lexus, doivent suivre d’ici à 2030. Lexus doit d’ailleurs devenir une marque 100% électrique d’ici à 2030. Toyota, elle, attendra sans doute 2035.

- Dacia est, elle, confrontée à l’incompatibilité actuelle entre voitures pas chères et voitures électriques. La marque a cependant lancé son premier modèle électrique en 2020 avec la Dacia Spring. Une voiture, considérée comme la première voiture électrique low-cost du marché (moins de 20.000 euros hors bonus), qui enregistre de fortes ventes depuis le début de l’année 2022. La marque roumaine envisage également de sortir une version 100% électrique pour son modèle star, le Dacia Duster, mais estime que ses ventes de voitures électriques ne représenteront que 10% de ses ventes totales en 2030.

- Kia de son côté s’interroge toujours sur sa transition au tout électrique. “La question décisive est de savoir quand les conditions infrastructurelles seront créées pour pouvoir résoudre toutes les tâches de mobilité possibles et nécessaires de manière purement électrique”, a expliqué la marque coréenne pointant, comme Wolkswagen, le développement insuffisant des infrastructures de recharge. “Comme la demande est très influencée par des facteurs externes et donc sujette à des changements majeurs, nous ne voulons pas nous engager sur un pourcentage spécifique, mais nous nous attendons à ce que les modèles électrifiés représentent plus de 30% des immatriculations en 2030″.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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