Automédication : 95% des étudiants français y auraient recours

Automédication : 95% des étudiants français y auraient recours

 Selon une étude menée par l’Université de Picardie, les étudiants français auraient bien plus recours à l’automédication qu’on ne le croit. Pis, ils prendraient un risque pour leur santé en ne connaissant pas bien les médicaments qu’ils utilisent.

Les spécialistes ne cessent de le répéter : mieux vaut éviter l’automédication. Cette pratique est pourtant particulièrement répandue en France, notamment chez les jeunes. Selon une étude menée par l’Université de Picardie et relayée par Univadis, 95% des étudiants français prendraient l’initiative de se soigner seuls, sans consultation préalable. Les auteurs ont proposé aux étudiants de leur campus de remplir un formulaire en ligne. L’enquête comprenait quatre sections : les caractéristiques sociodémographiques de la personne, son état de santé, son comportement d’automédication, y compris les noms des médicaments et les connaissances qu’ils avaient sur les médicaments et les risques associés à l’automédication.

1257 étudiants ont répondu à cette enquête. Dans le détail, un peu plus de la moitié, 715, faisaient des études dans le domaine de la santé, 542 provenaient d’autres départements. 78,2% étaient des femmes. Résultats : sur les 95% qui ont affirmé avoir déjà eu recours à l’automédication, 36,5% ont déclaré l’avoir fait au moins une fois par mois et 13,4% au mois une fois pas semaine.

Les médicament les plus consommés au cours du mois précédent ? Les analgésiques (anti-douleurs) à hauteur de 46,7% et les anti-inflammatoires / antirhumatismaux : 19%. Pour justifier l’automédication, les sondés ont indiqué avoir une bonne connaissance des médicaments qu’ils prenaient.  51,7% d’entre eux n’ont d’ailleurs pas hésité à utiliser un produit d’une ancienne prescription.

Mais ce qui a encore davantage alerté les professionnels, c’est que, contrairement à ce qu’ils pensaient, les étudiants ne connaissaient pas bien la notice des différents médicaments. Certains d’entre eux ne savaient pas qu’il existait une interaction entre les médicaments et l’alcool. Plus surprenant encore, au total, un étudiant dans le domaine de la santé sur cinq avait donné au moins une mauvaise réponse au questionnaire.  Pour les auteurs de l’étude : “l’'identification des situations à risque pourrait faciliter la mise en œuvre d'actions éducatives”.