Autolib', autopsie d'un fiasco

Par Michel Revol
·1 min de lecture
Anne Hidalgo, maire de Paris, et Vincent Bolloré, patron du groupe Bolloré, posent en octobre 2014 devant une voiture Autolib' costumisée.
Anne Hidalgo, maire de Paris, et Vincent Bolloré, patron du groupe Bolloré, posent en octobre 2014 devant une voiture Autolib' costumisée.

Enfin ! Les quelques bornes de recharge d'Autolib' vont revivre ! Dans plusieurs communes limitrophes de Paris, les installations toujours debout après l'arrêt du service de location de voitures électriques, en juin 2018, devraient être adaptées aux voitures électriques des particuliers. Les derniers stigmates d'un échec grandeur nature disparaîtront du paysage francilien. Reste toutefois une facture rondelette à solder : l'ex-concessionnaire, Autolib', a demandé fin 2019 une indemnité de 235 millions d'euros, correspondant selon lui au manque à gagner. Il n'a reçu, pour l'heure, qu'une provision de 20 millions d'euros, en attente d'un futur et hypothétique accord?

Un rapport de la chambre régionale des comptes d'Île-de-France, publié le 20 octobre, n'est pas tendre avec les acteurs de cette affaire malheureuse. D'un côté, le groupe Bolloré, qui décroche le marché pour douze ans en 2011 ; de l'autre, le syndicat mixte Autolib', constitué de quinze collectivités locales d'Île-de-France concernées par le service d'autopartage, plus Paris, qui a lancé le projet en 2009, sous le mandat de Bertrand Delanoë. D'un côté, donc, une entreprise privée rompue au monde des affaires, et dotée d'une armée de juristes ; de l'autre, une assemblée d'élus locaux et de fonctionnaires. De 2011 à 2018, année où le contrat est dénoncé, les magistrats pointent les manquements des équipes de Bolloré, qui savent flirter avec les zones floues du contrat ; ils décrivent aussi un syndi [...] Lire la suite