Autiste et homosexuel, je suis encore amoureux de l'homme que j'ai pourtant quitté deux fois

Frédéric Bisson
Autiste et homosexuel, je suis encore amoureux de l'homme que j'ai pourtant quitté deux fois.

Depuis que j'ai reçu mon diagnostic d'autiste à l'âge de 35 ans, je fais la paix avec les gens que j'ai pu blesser, malgré moi, en faisant mon coming out sur ce blog. J'ai réussi à gérer presque tous ces fantômes qui me hantaient, sauf celui-ci. Peut-être qu'en l'écrivant, j'aurais droit à une troisième chance.

C'était il y a 20 ans, jour pour jour. Je m'en rappelle comme si c'était hier.

J'aurais voulu lui dire tellement de choses mais le silence de notre premier baiser a enterré tous les murmures de mon cerveau qui ne comprenait pas ce qui arrivait.

Et si seulement, avant de le quitter ce soir là, j'avais pu lui dire cette phrase tout simple et qui résonne en boucle dans mon âme:

"Je ne sais pas comment t'aimer mais je sais que je t'aime. Apprends-moi...".

Le souvenir de ce premier baiser est gravé dans le seul tiroir de mon coeur où logent les quelques émotions humaines que j'arrive à ressentir avec les mêmes nuances que vous. Et même si je ne peux toujours pas expliquer ce qui s'est passé ce dimanche après-midi de 1997, ce coup de foudre réciproque n'a rien de plus vrai et de plus balancé, à mes yeux, qu'une parfaite équation mathématique.

C'était il y a 20 ans, jour pour jour. Un amour fou!

On s'était envoyés nos photos par la poste –c'était comme ça que ça se passait dans les débuts d'internet. La connexion était trop lente pour échanger autre chose que des mots sur un babillard électronique.

J'avais conduit pendant des heures pour le rencontrer devant un centre commercial de Québec. La photo en noir en blanc qu'il avait prise au photomaton était blottie dans ma poche de pantalon. Je l'ai toujours conservée d'ailleurs. Je lui disais qu'il ressemblait à un pilote de course automobile connu et il rougissait.

Je l'ai vu, assis sur les marches de Place Laurier, à espérer que je ressemble au garçon aux grands yeux noirs de ma photo. Je ne sais pas combien de temps il m'avait attendu mais il était là. J'ai d'abord reconnu son sourire et ses yeux. C'est ceux que...

Retrouvez cet article sur le Huffington Post



En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages