En Australie, des tricheurs parmi les étudiants étrangers

Photo Pixabay/cc

C’est une première : en août dernier, l’agence australienne pour la qualité et les normes de l’enseignement supérieur (Tertiary Education Quality and Standards Agency, Teqsa) a utilisé les nouveaux pouvoirs dont elle dispose pour bloquer les sites web qui proposent aux étudiants de rédiger leurs devoirs à leur plac. Au total, une quarantaine de sites qui recevaient environ 450 000 visites chaque mois ont fait les frais de l’opération.

La tricherie contractuelle (contract cheating), consistant pour des étudiants à engager contre rémunération un tiers pour rédiger travaux et projets prescrits par leurs enseignants, est un secteur florissant en Australie, explique The Guardian. “Les sites web spécialisés font beaucoup de publicité sur les réseaux sociaux. Ils ciblent les étudiants en leur promettant un travail d’‘écriture fantôme’ indétectable par les logiciels antiplagiat.”

Un lanceur d’alerte originaire du Kenya a ainsi déclaré au quotidien The Australian qu’il avait déjà rédigé des “milliers de devoirs” pour des étudiants inscrits dans les universités australiennes alors qu’il travaillait pour une entreprise chinoise. À prix d’ami ! Pour les essais et les thèses, le tarif était de 149 dollars australiens (soit un peu plus de 100 euros) les 1 000 mots.

Selon le chercheur Guy Curtis, de l’Université d’Australie-Occidentale, environ 10 % des étudiants soumettent des devoirs écrits par quelqu’un d’autre. Beaucoup sont des étudiants étrangers en difficulté qui ont recours aux services de tiers parce qu’ils subissent une pression familiale excessive pour réussir leurs études ou parce qu’ils se trouvent en butte à des difficultés de nature à compromettre la poursuite de leurs études. En cause notamment : la hausse du coût de la vie, qui les oblige à multiplier les heures de travail salarié, et la crise du logement.

Guy Curtis a en outre établi que les étudiants dont l’anglais n’est pas la langue maternelle sont trois fois plus susceptibles que les autres d’avoir recours à la “tricherie contractuelle”

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