Australie : une mère accusée d'un quadruple infanticide innocentée par la science ?

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Kathleen Folbigg a été condamnée à 30 ans de réclusion pour un quadruple infanticide.

Kathleen Folbigg a été condamnée en 2003 à 30 ans de prison pour le meurtre de ses quatre bébés. Des fragilités génétiques ont été trouvées sur leurs génomes, légitimant le doute sur une probable mort naturelle. 91 scientifiques demandent sa grâce.

Entre 1989 et 1999, Kathleen Folbig perd ses quatre nourrissons. Le plus jeune avait 18 jours et le plus âgé 18 mois. Ils seraient décédés de mort subite et d’épilepsie. Au quatrième décès, la police mène l’enquête et conclut un quadruple infanticide, retirant même des aveux de la mère qualifiée alors de pire “tueuse en série d’Australie”. Condamné à 40 ans de prison, sa peine sera réduite à 30 ans en appel en 2003.

Des travaux scientifiques ont cependant établi que des causes naturelles pouvaient être à l’origine de plusieurs décès au sein même d’une unité familiale. En 2016, une étude dirigée par des chercheurs de l’Université Paris Descartes va dans ce sens. Et les récentes analyses des génomes des victimes ont révélé des mutations pouvant entraîner une mort subite du nourrisson rapporte Le Parisien. C’est pourquoi 91 scientifiques internationaux dont deux chercheurs français du CHU de Nantes ont demandé la grâce de la mère de famille.

Quid des aveux ?

En 2019, l’avocat de Kathleen Folbigg a estimé que la justice ne pouvait pas prendre en compte ses écrits comme des aveux. Pour lui, les parents qui perdent leurs enfants sont dans un tel état qu’ils peuvent “se blâmer de manière irrationnelle pour leurs actes et leurs omissions”.

La justice australienne reste, elle, impassible, aux demandes de révision. C’est pourquoi les scientifiques demandent la grâce au gouverneur de Nouvelle-Galles du Sud. S’il l’accorde, Kathleen Folbigg “sera libérée après 18 ans de réclusion, mais devra aller devant la Cour d’appel pénale de Nouvelle-Galles du Sud pour demander l’annulation de ses condamnations”, souligne Rhanee Rego, coautrice de la pétition et juriste.

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