En Australie, la défaite de Scott Morrison met fin à des années de conservatisme

LOREN ELLIOTT / REUTERS

“Morrison laisse la main après une défaite écrasante”, annonce la chaîne australienne 9News dans son direct, au moment où le dirigeant conservateur prononce son discours d’au revoir. Appelés aux urnes ce samedi 21 mai pour renouveler les 151 sièges de la Chambre des représentants et 40 des 76 sièges du Sénat du pays, les 17,2 millions d’électeurs australiens ont écarté le parti du Premier ministre, dans “ce qui semble être un vote sanction contre le style de gouvernance corrosif du conservateur”, commente le Washington Post.

Les Australiens étaient confrontés “à un choix difficile entre un dirigeant sortant combatif et un candidat progressiste leur promettant un avenir plus souriant”, poursuit le quotidien américain, notant toutefois que “l’attitude querelleuse de Scott Morrison en matière de gouvernance a épuisé les Australiens”.

“Bulldozer” contre “bâtisseur”

Le conservateur l’a d’ailleurs lui-même concédé, comme le rappelait le Brisbane Times, en admettant pendant la campagne “être une sorte de bulldozer” − déclaration qui avait exacerbé l’agacement d’une partie de l’opinion.

Le gouvernement de Scott Morrison a été très critiqué pour son inaction en matière de lutte contre le réchauffement climatique, alors même que le pays en a subi de plein fouet les conséquences, ravagé par les pires incendies de son histoire, en particulier à l’été 2020, ainsi que par de sévères inondations. L’économie australienne étant dominée par l’industrie minière, l’exécutif conservateur a refusé de prendre des mesures pour limiter les émissions de gaz à effets de serre, malgré la violence des aléas climatiques qui se multiplient sur l’île.

Le bras droit de Morrison, le vice-Premier ministre Michael McCormack, avait pour sa part déclaré en 2019 que le changement climatique était une préoccupation de “gauchistes illuminés des grandes villes”.

Le leader du parti victorieux, le travailliste Anthony Albanese, s’est quant à lui décrit pendant la campagne comme un “bâtisseur” souhaitant “augmenter les salaires et améliorer les opportunités” pour les Australiens. Le parti travailliste s’apprête donc à former un gouvernement, sans qu’on sache pour le moment s’il obtiendra les 76 sièges nécessaires pour gouverner seul, sans coalition. Le parti vert et les candidats indépendants surnommés “teals” (à la couleur “bleu sarcelle”) − pour la plupart des femmes prônant la défense de l’environnement et l’égalité des sexes − sont par ailleurs données en tête dans de nombreuses circonscriptions urbaines traditionnellement acquises aux conservateurs.

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