"Australia", un film nommé désastre

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Quand Australia, le film de Baz Luhrmann, est sorti en novembre sur les écrans australiens, il a trouvé une championne aussi inattendue qu’omniprésente en la personne de Marcia Langton, professeur d’études indigènes à l’université de Melbourne. Elle ne tarissait pas d’éloges sur ce “fabuleux film hyperbolique” dans le quotidien local The Age. Baz Luhrmann a “donné aux Australiens un nouveau passé, un mythe, celui de l’origine nationale, à la fois dérangeant, exaltant, poignant, cocasse et touchant”, roucoulait-elle. Par définition, les mythes ne sont pas conformes à la réalité. Marcia Langton connaît la vérité, mais elle lui préfère un fantasme trompeur et frauduleux, sans doute parce que celui-ci vise à promouvoir l’actuelle politique gouvernementale de réconciliation, dont elle est l’un des plus ardents défenseurs. La réconciliation est le processus dans lequel les Australiens de tous bords pardonnent et oublient les infamies du passé pour devenir une nation heureuse.

Le fallacieux film à grand spectacle de Baz Luhrmann, dont l’action se déroule en 1939, montre les Aborigènes comme un peuple participant étroitement au développement de ce “pays chanceux”. Malheureusement pour tous ceux qui voient dans la réconciliation le bon filon, le réalisateur ne croit pas à sa propre invention, et cela saute aux yeux. Le héros, incarné par Hugh Jackman, est un conducteur de bestiaux dont le travail consiste à rassembler les bêtes de diverses exploitations et à les conduire vers certaines destinations. Pour que le film marche, nous sommes tous priés de croire que notre homme est victime de l’ostracisme de ses pairs, simplement parce que, des années avant le début de l’intrigue, il a épousé une Aborigène qui a eu la bonne idée de mourir sans enfant. Le conducteur de bestiaux le plus respecté de l’Australie centrale à l’époque était un certain Matt Savage, dit “le Boss”, un Blanc dont le mariage avec une Aborigène a duré quarante ans et engendré une nombreuse progéniture. Pour faire plus romantique, l’histoire veut que Savage ait dit : “Je l’ai eue jeune, je l’ai maltraitée, et cela lui a fait le plus grand bien.”

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