Aurélien Chedjou: «Je peux partir la tête haute car je me suis donné à fond»

Aurélien Chedjou a annoncé ce 3 mai 2022 sa retraite, à 36 ans. Le Camerounais, défenseur polyvalent, a notamment porté les couleurs de Lille (France) et de Galatasaray (Turquie). Avec les Lions Indomptables, il a disputé deux CAN et deux Coupes du monde. Un parcours qui le rend fier, comme il l’explique à RFI.

RFI : Aurélien Chedjou, que retenez-vous en regardant derrière vous ?

Aurélien Chedjou : Quand je me retourne, je vois beaucoup d'émotions. Négatives et positives, parce que dans ce sport il y a toujours des hauts et des bas (rires). Mais ce que je retiens, ce n'est pas qu'une émotion, c'est la fierté de se dire que j'y suis arrivé, moi qui suis un jeune bonhomme de Douala. J'ai grandi là-bas dans des conditions pas faciles. J'ai réussi à faire une carrière acceptable. Avec des titres. Je peux me dire aujourd'hui que ça n'arrive pas qu'aux autres, et j'aimerais pouvoir dire aux jeunes que c'est possible, qu'ils peuvent réussir.

Et ce que je retiens de plus fort ce sont évidemment les titres que j'ai gagné, que ça soit à Lille (doublé Coupe/Championnat en 2011, Ndlr) ou à Galatasaray (Championnat turc 2015, Ndlr). C'est beaucoup d'émotions et de fierté surtout d'avoir pu représenter mon pays, le Cameroun. J'ai joué toutes les compétitions dont rêve un footballeur international : la Coupe du monde, deux fois (2010 et 2014), la CAN (2010 et 2015) et même les Jeux olympiques (en 2008 à Pékin, Ndlr).

Aujourd'hui je peux partir la tête haute car je me suis donné à fond. Je n'oublie pas le peuple lillois. C'est là qu'on m'a vraiment fait confiance pour la première fois. Car il faut rappeler que j'ai beaucoup trimé, j'ai beaucoup galéré. Donc merci à Lille, où tout a commencé. C'est vraiment un pincement au coeur pour moi mais je dois penser à ma famille et à mes prochains challenges.

Quels seront-ils ?

J'ai monté une boîte de consulting sportif au Cameroun, pour accompagner les jeunes dans leurs carrières. Je ne fais que commencer. En parallèle je suis en stage. Je suis retourné à l'école si on peut le formuler comme ça ! Je fais un master pour les joueurs internationaux avec l'UEFA. Il s'appelle "Master For International Player". Je termine en 2023. Quand j'aurai ce diplôme, qui me permettra d'être directeur sportif ou manager général, je serai plus crédible pour que des portes s'ouvrent à moi. Je reste donc dans les métiers du football, mais en dehors des terrains.

J'ai envie d'aider les jeunes dans mon pays. Je suis d'ailleurs membre du Synafoc, le syndicat national des joueurs de foot au Cameroun. C'est l'équivalent de l'UNFP en France, on défend les droits des footballeurs. Je suis donc bien occupé !

Et je dois faire plaisir à mon fils, mes filles et ma femme. Je ne chôme pas, la vie elle est ce qu'elle est, c'est une grosse page qui se tourne, même si je dois vous avouer que le football ne me manque pas. J'en regarde volontiers à la télévision, je commente avec mes amis, je profite de la vie, et puis voilà !

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