Aurélie Jean – Suspension du vaccin AstraZeneca : la confusion qui tue

Par Aurélie Jean
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Suspendue en raison de cas de thrombose, la vaccination avec le produit d'AstraZeneca reprendra le 19 mars 2021 en France, après un avis favorable rendu par l'Agence européenne des médicaments.
Suspendue en raison de cas de thrombose, la vaccination avec le produit d'AstraZeneca reprendra le 19 mars 2021 en France, après un avis favorable rendu par l'Agence européenne des médicaments.

Le lundi 15 mars, la France décide de suspendre l'utilisation du vaccin AstraZeneca contre le Covid-19, face aux risques pourtant rares de thrombose. Deux jours plus tard, l'Organisation mondiale de la santé recommande de continuer la vaccination. Cet épisode est symptomatique de plusieurs maux dont souffrent nos États : le mauvais usage du principe de précaution, le mimétisme comportemental aveugle, la confusion entre corrélation et causalité, aussi appelée effet cigogne. Ce dernier concept est pourtant une notion de base en statistique. Chaque dirigeant politique devrait le maîtriser, même sous la pression et en situation anxiogène, voire passionnée. Une connaissance utile pour enfin intégrer que la corrélation (les cas de thromboses chez des vaccinés) n'implique pas la causalité (le vaccin en est la cause).

En Europe, sur les 5 millions de personnes vaccinées avec AstraZeneca, 30 cas de thromboses ont été détectés, dont un en France. Soit 0,0006 % de l'ensemble de la population vaccinée. On est bien loin de la barre des 3 % en dessous de laquelle en statistiques on parle de rareté. Écrit autrement, ces 30 cas sont « très très » rares. Ce très faible pourcentage est un premier indicateur sur l'absence probable d'une quelconque causalité. L'examen d'une seconde métrique se révèle pertinent : comparer ces 30 cas avec le taux de personnes souffrant de thrombose en temps normal (hors période de vaccination). C'est ainsi qu'il y a en France, 150 000 nouveaux c [...] Lire la suite