Aung San Suu Kyi et sa LND favorites des élections législatives en Birmanie

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AUNG SAN SUU KYI ET SA LND FAVORITES DES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES EN BIRMANIE
AUNG SAN SUU KYI ET SA LND FAVORITES DES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES EN BIRMANIE

RANGOUN (Reuters) - La Birmanie tient ce dimanche des élections législatives aux airs de référendum sur un gouvernement qui reste populaire dans son pays mais dont la réputation internationale est entachée d'allégations de génocide dans la crise des Rohingya.

La Ligue nationale pour la démocratie (NLD) de la dirigeante Aung San Suu Kyi devrait s'imposer pour un deuxième mandat après des décennies de régime militaire.

Bien qu'Aung San Suu Kyi bénéficie toujours du soutien de la population birmane, qui la considère comme une héroïne de la démocratie, sa victoire sera vraisemblablement moins large qu'en 2015.

Plus de 37 millions de personnes sont enregistrées sur les listes électorales, mais la peur liée à l'épidémie de coronavirus qui se propage rapidement en Birmanie pourrait faire baisser le taux de participation.

En outre, plus d'un million d'inscrits n'ont pu se rendre aux urnes en raison de problèmes de sécurité. A cela s'ajoutent les centaines de milliers de membres de la minorité Rohingya parqués dans des camps et des villages dans l'Etat de Rakhine - ou Arakan -, la plupart privés de la citoyenneté birmane.

La campagne de répression des Rohingya lancée dans la région en 2017 par l’armée a poussé plus de 730.000 membres de cette minorité musulmane à se réfugier au Bangladesh. Des enquêtes des Nations unies ont conclu que cette campagne avait été lancée avec "une intention génocidaire".

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a dit espérer des "élections pacifiques, sans encombres et crédibles" qui permettraient aux centaines de milliers de Rohingya réfugiés au Bangladesh de rentrer "en toute sécurité et dans la dignité".

Les partisans d'Aung San Suu Kyi défendent son bilan en estimant qu'il serait irréaliste d'attendre des changements rapides dans un pays longtemps dirigé par une junte militaire et contrôlé encore en partie aujourd'hui par l'armée.

La Constitution garantit aux militaires le contrôle de plusieurs ministères stratégiques et un quota de 25% de sièges au Parlement, ce qui leur confère un pouvoir de veto sur les amendements constitutionnels.

Les relations historiquement difficiles entre Aung San Suu Kyi et l'armée se sont récemment de nouveau tendues. Le commandant en chef de l'armée, le général Min Aung Hlaing, a dénoncé mardi dans une interview des "erreurs inacceptables" de la part du gouvernement civil pendant la campagne électorale.

Dimanche, en déposant son bulletin dans l'urne à Naypyitaw, la capitale birmane, le chef de l'armée s'est déclaré prêt à soutenir le parti "qui travaillera main dans la main" avec les militaires "pour bâtir un avenir meilleur".

"Je dois accepter le résultat de la volonté populaire", a-t-il ajouté.

(Thu Thu Aung, Zaw Naing Oo et Sam Aung Moon; version française Camille Raynaud et Jean-Stéphane Brosse)