"Aujourd'hui déjà, je n'arrive pas à me payer" : des jeunes avocats craignent de "mettre la clef sous la porte" à cause de la réforme des retraites

Simon Gourmellet

Elsa* sort d'un rendez-vous avec son banquier. Cette avocate au barreau de Pontoise (Val-d'Oise) vient de débloquer une partie de son épargne personnelle en urgence, de quoi "vivoter". Lorsqu'elle imagine ses cotisations retraites multipliées par deux, comme le prévoit la réforme des retraites (pour les avocats qui gagnent moins de 40 000 euros par an), continuer ainsi lui semble impossible. "Aujourd'hui, je n'arrive déjà pas à me payer", soupire cette spécialiste en droit du travail, qui semble avoir presque acté la fin de son cabinet, après 10 ans d'exercice.

"Je suis faite pour ce métier, je le sais, mais je n'y arrive plus", regrette l'avocate de 36 ans. Elle énumère ses charges : Urssaf, cotisations retraite, cotisations à régler auprès de l'Ordre, frais de formations obligatoires, loyer… "Je reverse 60% de ce que je gagne", évalue-t-elle. Cela représente plus de 1 400 euros par mois, les moins bonnes années. "J'ai de la chance, contrairement à certains confrères, d'avoir un loyer relativement faible et de n'avoir jamais eu d'impayés", relativise-t-elle.

Avec la réforme, ses cotisations bondiraient de 14 à 28% et sa retraite baisserait de 1 400 euros à 1 000 euros par mois. Très mobilisée,

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