Augmentation du prix de la baguette : la nourriture n'a jamais été aussi peu chère !

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Si, dans notre pays majoritairement catholique, on récite quotidiennement depuis des siècles l'antienne « Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien », c'est bien parce qu’il a manqué trop souvent, alors qu’il constituait la base même de la nourriture de nos compatriotes. On nous a appris dans nos cours d'histoire que Louis XIV faisait des repas pantagruéliques mais, pendant ce temps-là, les paysans mangeaient du pain sec… quand il y en avait. Comme l'avait bien vu le peintre Le Nain, on a longtemps été contents quand on pouvait manger régulièrement du pain avec un verre de vin. Partout on pouvait faire pousser du blé on en semait, et là où le blé ne venait pas on plantait de la vigne ou on mettait les bœufs à pâturer...

La flambée du prix du pain en 1789 (due en particulier à l’explosion du volcan Islandais Laki), qui a ruiné plusieurs récoltes successives a été une cause directe de la Révolution française, on se souvient que les Parisiens étaient allés chercher à Versailles la famille royale en les traitant de « boulanger, boulangère et petit mitron », tout était dit dans cette expression.

Repas de paysan, par Louis Le Nain, 1642. © Sammyday, wikimedia commons, DP
Repas de paysan, par Louis Le Nain, 1642. © Sammyday, wikimedia commons, DP

Si Antoine Augustin Parmentier est si favorablement connu dans notre imaginaire, c'est qu'il a réussi à nous convaincre de manger du pain et des pommes de terre, ce qui a diminué famines et disettes, car les mauvaises années pour le blé n'étaient pas nécessairement les mauvaises années pour la pomme de terre.

De fait, le pain manquait trop souvent, et la France a connu 11 disettes au XVIIe siècle, 16 au XVIIIe, et 10 encore au XIXe. C’est peu de dire que chacun s’efforçait alors d’avoir un « gagne-pain » ! Et même au XXe siècle, on a fort mal mangé pendant la première guerre mondiale, et, après la seconde guerre mondiale, le pain a continué à être rationné jusqu’en novembre 1949, quatre ans après la victoire ! Il a fallu attendre les années 1950 pour qu’au lieu d'aller travailler « pour gagner son pain...

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