Aucune solution en vue en Syrie sans départ d'Assad, dit Erdogan

par Samia Nakhoul, Nick Tattersall et Orhan Coskun
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a souligné mardi, lors d'une interview à Reuters, qu'aucune solution en Syrie ne pourrait voir le jour sans le départ du président Bachar al Assad, ajoutant que Vladimir Poutine lui avait lui-même déclaré ne pas être personnellement attaché au président syrien. /Photo prise le 25 avril 2017/REUTERS/Umit Bektas

par Samia Nakhoul, Nick Tattersall et Orhan Coskun

ANKARA (Reuters) - Le président turc Recep Tayyip Erdogan a souligné mardi, lors d'une interview à Reuters, qu'aucune solution en Syrie ne pourrait voir le jour sans le départ du président Bachar al Assad, ajoutant que Vladimir Poutine lui avait lui-même déclaré ne pas être personnellement attaché au président syrien.

"Assad n'est pas celui auquel il faut s'adresser pour une solution d'avenir en Syrie", a déclaré le chef de l'Etat turc, interrogé dans son palais présidentiel d'Ankara.

"La Syrie doit être libérée d'Assad pour qu'une solution puisse émerger."

"Tant qu'Assad restera au pouvoir, une solution ne pourra pas voir le jour en Syrie", a encore insisté Erdogan. "Il a attaqué son peuple avec des chars, des canons, des barils d'explosifs, des armes chimiques, des avions de chasse. Croyez-vous qu'il puisse être le véhicule pour cette solution?"

Une nouvelle fois, le président turc a laissé entendre que la Russie soutenait de moins en moins fermement le président syrien. Vladimir Poutine lui aurait ainsi déclaré: "'Erdogan, ne vous méprenez pas. Je ne suis pas un défenseur d'Assad, je ne suis pas son avocat'."

"C'est ce qu'il m'a dit. Poutine me l'a dit", a déclaré le président turc.

Il y a des événements en Syrie que le président russe "ne peut pas partager avec nous", a poursuivi Recep Tayyip Erdogan, mais "à l'heure actuelle, Poutine, (le président américain Donald) Trump, nous, l'Iran, l'Arabie saoudite et le Qatar, nous assumons tous un rôle actif pour créer une solution en Syrie".

Le président turc a réfuté l'idée qu'en cas de départ, Assad serait remplacé par les groupes djihadistes.

"Daech ne remplacera pas Assad", a-t-il dit. "Daech ne représente pas l'islam, c'est un blasphème, il n'a aucun lien avec l'islam et c'est quelque chose sur quoi nous sommes tous d'accord."

"Je n'ai pas d'hésitations, je n'ai pas de réserves. Il y a de nombreux candidats idéaux pour devenir le prochain dirigeant."

(Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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