Au Zimbabwe, un retour forcé aux céréales locales

JEKESAI NJIKIZANA / AFP

Le menu de la famille Svosve, installée à Mudzi, une région dans le nord-est du pays, a changé du tout au tout. La famille a tiré un trait sur le maïs pour passer aux céréales locales, notamment le sorgho et le millet. Un scénario inconcevable il y a quelques mois, et que vivent pourtant de nombreux foyers zimbabwéens, souligne le site de la BBC, qui consacre un article à ce phénomène.

Importé des Amériques par les commerçants portugais au XVIe siècle, le maïs est un élément central de l’alimentation au Zimbabwe, “il vient juste après l’eau dans le ménage zimbabwéen moyen”, souligne la BBC. Il est notamment utilisé pour cuisiner le sadza, l’aliment de base de la cuisine du pays. Mais voilà, depuis le début de la guerre en Ukraine, et avec une sécheresse accrue, son prix a augmenté de plus de 50 %. Quant aux engrais, le prix de leurs composants a triplé. En fait, c’est toute l’économie du pays qui subit de plein fouet l’inflation, qui a atteint 191,6 % en juin dernier. Et de nombreux produits de première nécessité sont devenus inaccessibles.

Pour remplacer le maïs, les Svosve ont donc choisi le sorgho et le millet. Deux céréales autrefois consommées par les Zimbabwéens, et qui résistent mieux à la sécheresse. Se confiant à la BBC, le père de famille, Lovemore Svosve, se réjouit d’avoir opté pour ces céréales, qui vont leur permettre de tenir la saison : “Nous avons planté une importante quantité de maïs ainsi que du sorgho et du millet. Mais nous n’avons rien obtenu du maïs. Il a été brûlé à la suite de la sécheresse. Nous n’avons récolté que les céréales traditionnelles.

De fait, pour 5 kilos de semences, ils ont obtenu une tonne de sorgho, contre seulement quelques épis de maïs pour 10 kilos de semences et 100 kilos d’engrais. Verdict : “Nous ne replanterons plus de maïs. Je ne sais pas comment quelqu’un dans cette région peut le faire après la dernière saison”, déclare l’une de ses épouses, Rose Karina.

C’est précisément ce que recherchent le gouvernement en place et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), qui poussent les agriculteurs à revenir à ces cultures nécessitant moins d’engrais, plus résistantes à la sécheresse et riches en éléments nutritionnels. Mais ces semences restent encore méconnues de la majorité des agriculteurs : 377 000 tonnes ont été produites l’an dernier, contre 2,7 millions de tonnes de maïs, rappelle la BBC.

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