Au Tibet, une foule manifeste contre un confinement de plus de deux mois

Une foule de travailleurs migrants chinois a manifesté le 26 octobre à Lhassa, capitale de la Région autonome du Tibet. Ils demandaient à être autorisés à rentrer chez eux, selon le tibétologue britannique Robbie Barnett, qui s’est exprimé sur Twitter.

Dans une série de tweets fondés sur des vidéos et des commentaires de Tibétains, il indique que ces travailleurs venus de différentes provinces de Chine cherchaient à quitter le centre de Lhassa après y avoir connu soixante-quatorze jours de confinement continu dans le cadre de la lutte contre le Covid-19, sans pouvoir toucher de revenu. Dès le début de la manifestation, des policiers armés ont été filmés arrivant sur place dans le calme, raconte Robbie Barnett.

Le rassemblement a duré jusqu’au soir, peut-on voir sur une vidéo trouvée sur l’un des réseaux sociaux chinois et repostée sur Twitter (qui n’est pas autorisé en Chine).

Plus tard, des échauffourées ont opposé les manifestants à des employés chargés de faire respecter le confinement – en vêtement de protection anti-Covid (les “grands blancs”, selon le terme consacré en chinois) – et aux forces de l’ordre, si l’on en croit une autre vidéo.

Premières manifestations depuis 2008

Selon le site Radio Free Asia, certains des migrants bloqués à Lhassa depuis deux mois et demi se plaignent de ne pouvoir rentrer chez eux, mais aussi de ne pas être autorisés à sortir acheter de la nourriture ou d’autres produits d’usage courant. Le site, qui a publié dans sa section en tibétain une vidéo montrant la manifestation durant la soirée, précise : “On entend dans la foule à la fois du tibétain et du mandarin, mais on n’arrive pas à discerner ce qui se dit.”

Ces manifestations sont les premières dont on ait connaissance depuis le soulèvement de 2008, au cours duquel des dizaines de Tibétains avaient été tués par les forces de police. “Selon certaines sources sur place, des manifestants ont averti les autorités qu’ils étaient prêts à ‘mettre le feu’ si le confinement n’était pas levé”, indique le site. Cela pourrait être une référence à la série d’immolation qui a endeuillé le Tibet à partir de 2009.

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