Au théâtre, Samuel Labarthe passe d'Agatha Christie à Nicolas Bouvier

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Il y avait un monde fou l'autre soir au petit Théâtre Poche Montparnasse. Une majorité de femmes, - comme le plus souvent au théâtre -, mais plusieurs générations venues voir et écouter un seul en scène dit par l'un de nos acteurs vedettes les plus raffinés, les plus élégants, les plus séduisants. Le flegmatique Commissaire Swan Laurence des "Petits Meurtres d'Agatha Christie" se transforme sur scène en Nicolas Bouvier, cet écrivain voyageur suisse qui, le premier, sut raconter l'Orient, ses habitants, ses rituels, sa générosité, son accueil, ses paysages...

Dans "L'usage du monde", il dit aussi les pannes, les maladies, les bakchich, le manque d'argent, la faim, l'introspection, les bonnes et les mauvaises surprises de deux copains suisses partis en Fiat Topolino explorer des terres encore vierges de tourisme. Ses textes sont une fabuleuse plongée nostalgique dans la grâce de l'émerveillement.

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D'une expressivité sobre, Labarthe est parfait pour transmettre ces folles aventures. Il se glisse à merveille dans la peau du journaliste curieux, qui refuse de se laisser envahir par l'émotion... sauf quand il explose de rage contre le harcèlement des mouches ! Très drôle. Le reste du temps, il pratique un euphémisme ironique qui permet au spectateur de voyager lui-même dans son propre imaginaire. Très réussi. Bravo la mise en scène signée Catherine Schaub, une orfèvre qui sait jouer l'épure tout en créant u...


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