Au Texas, prémices d'une saison qui s'annonce difficile

Emmanuel Touzot

L'année 2020 marque en IndyCar l'arrivée de l'Aeroscreen, le système de protection des pilotes développé par Red Bull Advanced Technologies, et avec lui une nouvelle donne pour les monoplaces fabriquées par Dallara. En effet, le flux aéro, le centre de gravité et le poids des voitures sera nettement modifié et les données emmagasinées par les équipes sont limitées, du fait de l'impossibilité de rouler depuis le mois de mars à cause du COVID-19.

La décision de l'IndyCar, qui imposera des arrêts au stand tous les 35 tours ce week-end au Texas, est d'ailleurs révélatrice du manque de connaissances de l'effet de l'Aeroscreen sur la dégradation des pneumatiques, qui n'ont pas pu être développés autant que Firestone l'aurait voulu pour pouvoir s'adapter aux contraintes du système de protection sur les monoplaces, et donc sur les gommes. Contrairement à est convaincu que la dégradation restera un facteur présent pour la reprise.

Alex Palou, Dale Coyne Racing with Team Goh Honda

Alex Palou, Dale Coyne Racing with Team Goh Honda Phillip Abbott / Motorsport Images

Phillip Abbott / Motorsport Images

Le Champion IndyCar en titre, , pense que les difficultés que rencontreront les pilotes sur le Texas Motor Speedway seront à l'image de celles qui se présenteront au fil d'une saison dont la préparation n'a pas été optimale à cause de la pandémie, qui a mis à l'arrêt les acteurs de la discipline depuis le mois de mars. Celui qui a gagné à Fort Worth l'an dernier pense que le circuit offrira son lot de défis aux vétérans comme aux débutants, mais que le manque d'expérience pourrait encore compliquer la tâche des rookies.

"Le Texas est un circuit difficile, que vous soyez là depuis 20 ans ou pour la première fois", explique Newgarden. "Normalement, nous avons cinq courses pour nous mettre dans le bon état d'esprit et avoir une base globale avant d'arriver sur un circuit de ce type. Je pense que pour les vétérans, ce sera une course délicate. Pour les débutants en revanche, ça va être extrêmement difficile. Cette saison sera compliquée pour eux avec un temps limité en piste. Je pense que le Texas sera l'un des plus gros défis pour tout le monde."

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"Il faudra probablement changer notre approche mentale sur la manière dont nous abordons les batailles en piste. Les débutants devront peut-être redoubler de prudence et de réflexion avant de se placer roue contre roue. J'espère que tout le monde essaiera de se remettre dans le rythme pour débuter la saison. Ce sera très important, surtout à un endroit comme le Texas, que tout le monde essaie de se remettre dans le bain. Je pense que nous devons le faire pour nous-mêmes, individuellement, mais aussi collectivement, après toutes ces courses sur simulateur, il sera important de se remettre dans le rythme."

Parmi les débutants, celui qui se reconnaîtra peut-être le plus dans les craintes de Newgarden est . Le jeune Espagnol est passé par la Super Formula l'an dernier et a décroché un volant dans le championnat américain, mais contrairement à Oliver Askew et Rinus VeeKay, qui débuteront eux aussi en IndyCar, Palou n'a jamais couru sur ovale. Askew et VeeKay ont cette expérience grâce à l'IndyLights, mais Palou n'a roulé qu'en Europe et au Japon, et il disputera donc sa première course sur un circuit de ce type en même temps qu'il fera ses débuts en IndyCar.

"Ça va être très difficile", admet Palou auprès de Motorsport.com. "C'était déjà difficile d'être un débutant et le seul n'ayant pas roulé sur ovale de toute la grille, mais maintenant ça l'est d'autant plus, ils ont retiré tous les tests que l'on devait faire, et il faut débuter sur l'ovale le plus difficile après trois mois d'attente. C'est un événement en un jour, de nuit... on dirait qu'ils l'ont fait exprès ! En prenant en compte le fait que je n'ai fait qu'une demi-journée [de tests] sur ovale et un jour dans une IndyCar, ça va être très difficile, mais il faut que je le prenne comme un test et de l'expérience, pour apprendre ce que c'est qu'être avec 23 autres voitures sur un ovale, ce que ça fait de faire cinq arrêts en une course au lieu d'un. Je veux terminer la course et si nous le pouvons, nous viserons un bon résultat car nous avons une bonne voiture. Nous aurons ensuite plus de temps pour préparer les courses suivantes."

Avec David Malsher-Lopez