Un pour tous. Au Soudan du Sud, faire du football pour ne pas faire la guerre

African Arguments (Londres)
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Neuf ans après son indépendance, le plus jeune État du monde est encore en proie aux violences et aux conflits. Le sport peut aider à réconcilier son peuple, témoigne un jeune Sud-Soudanais qui a grandi dans un camp de réfugiés.

J’avais 8 ans quand j’ai quitté le Soudan du Sud pour l’Ouganda, en 2000. À ce jeune âge, je ne comprenais pas pourquoi nous quittions Mayo, ma ville natale. Je croyais que nous allions à Raabhiok, un village situé à une soixantaine de kilomètres, pour payer la dot de la femme de mon frère.

Je pensais qu’après ce bref voyage, je rentrerais retrouver ma mère à la maison. Or, en notre absence, les combats entre les forces gouvernementales soudanaises et les rebelles de l’Armée populaire de libération du Soudan [guérilla qui, à l’indépendance du Soudan du Sud, en 2011, devient l’armée officielle de ce nouveau pays] s’étaient intensifiés. Il n’était pas question de rentrer.

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Nous nous sommes donc dirigés vers l’Ouganda. Je me rappelle ce voyage comme si c’était hier. Je me rappelle avoir dormi sous un toit qui fuyait chez Kerubino Kuanyin Bol, qui était à l’époque commandant en chef [de l’Armée populaire de libération du Soudan]. Je me rappelle ce lion qui nous a suivis pendant près d’une heure dans la brousse.

Je me rappelle aussi que ce sont des Dinkas, une tribu qui était censée être ennemie de la nôtre, qui nous ont aidés en route. Les femmes des familles dinkas m’offraient des cacahuètes grillées et de l’eau potable fraîche. Ces femmes lançaient à mes frères : “Il est trop jeune. Pourquoi le faites-vous souffrir ? Laissez-le avec nous. On s’occupera de lui.” Elles ne comprenaient pas qu’on emmène un enfant

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