Au Soudan, l’ouest du Darfour est en proie à une nouvelle escalade de la violence

Au moins 213 personnes ont été tuées au Darfour-Ouest depuis une semaine, selon les autorités de la région. Des heurts condamnés par l’ONU qui a réclamé mercredi 27 avril une enquête rapide et indépendante.

Avec notre correspondant à Khartoum, Eliott Brachet

Les violences ont débuté vendredi dernier dans la ville de Kreinik, majoritairement habitée par la tribu des Massalit. Elles se sont propagées vers El-Geneina, la capitale du Darfour-Ouest, à environ 80 km. Depuis lundi, Geneina est une ville morte : tous les centres de santé sont fermés ainsi que le marché principal et l’aéroport. Et la situation est toujours tendue.

Malgré le déploiement de forces armées soudanaises dans le centre-ville et sur les avenues principales, les affrontements se poursuivent, raconte Adam Haroun, un habitant de Geneina. « Il y a eu de violents assauts de tous les côtés. Mercredi dans la nuit, on entendait des salves de tirs dans tous les quartiers. On s’est levé le matin, la situation semblait calme. Il n’y a pas d’issue pour fuir, nous ne sommes pas en sécurité. On ne peut pas sortir de chez nous de peur de se retrouver entre deux feux. C’est terrible. »

Les combats ont opposé les Forces de soutien rapide du général Hemetti, numéro 2 de la junte soudanaise, à un mouvement rebelle signataire des accords de paix de Juba. Pour Adam Rojal, coordinateur des camps de déplacés dans la région, c'est la preuve que le conflit est politique. « Les gens décrivent ce qui se passe ici comme des affrontements tribaux. C’est une erreur ! On est en présence de milices qui attaquent avec des armes financées par l’État et le soutien des Forces de soutien rapide. Ils veulent continuer le génocide au Darfour. »

Dans le village de Kreinik, théâtre de massacres dimanche dernier, les habitants se disent encerclés par des milices armées. Impossible de sortir, impossible de recevoir de l’aide.

Le Darfour est en proie à des violences communautaires depuis plusieurs décennies entre agriculteurs massalit d'un côté et éleveurs arabes de l'autre pour le contrôle de la terre et l'accès à l'eau. Alors une pourquoi cette violence s'est-elle amplifiée ces derniers mois ?

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