Au Salvador, le sang coule en pleine campagne électorale

PHOTO / MARVIN RECINOS / AFP

Deux militants du FMLN (Front Farabundo Martí pour la libération nationale) – l’ex-guérilla de gauche depuis longtemps transformée en parti politique – ont été tués par balles, et trois autres blessés, dimanche 31 janvier, à la fin d’un meeting électoral à San Salvador. Les auteurs présumés de l’attentat ont été arrêtés.

Le Salvador doit se rendre aux urnes le 28 février pour renouveler son parlement (unicaméral) ainsi que ses maires et conseillers municipaux. Plus la date se rapproche, plus les tensions semblent vives, notamment entre le FMLN et le président de la république, le conservateur Nayib Bukele, dont le parti, Nuevas Ideas, est donné favori dans les sondages.

Peu après le double meurtre, le secrétaire général du FMLN, Óscar Ortiz, s’en est d’ailleurs pris directement au président : “Le type qui est à la tête de l’exécutif conduit ce pays au chaos, dans une inutile situation de confrontation sociale qui ne peut que nous mener à vivre d’autres événements dramatiques comme ceux qui viennent de se produire.”

Lors d’une conférence de presse improvisée, selon le site du quotidien El Diario de Hoy, “Ortiz a précisé que le parti et ses militants avaient déjà fait l’objet de façon répétée de menaces et de chantages : le FMLN ne se laissera pas intimider.”

Treize ans de guerre civile

Le leader du FMLN réagissait à un premier tweet du président Nayib Bukele, coutumier des attaques contre la classe politique “traditionnelle” qui a dirigé le pays par alternance depuis les accords de paix de 1992 mettant fin à treize ans de guerre civile :

Qu’ils accordent aussi peu de valeur à la vie humaine est incroyable. Le bien le plus précieux que nous ayons. Ce gouvernement se bat pour défendre la vie, mais visiblement certains s’agrippent à un passé mortifère. Notre peuple refuse désormais de souffrir.

La situation au Salvador était déjà tendue, rappelle El País México, depuis que le 16 janvier le président :

pour la deuxième année consécutive, avait refusé de commémorer la signature des accords de paix – tout en ayant décidé par ordonnance, annoncée sur Twitter, de faire de cette date une journée du souvenir en hommage aux victimes du conflit.”

[...] Lire la suite sur Courrier international

Sur le même sujet :

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles