Au Salvador, des milliers de logements squattés par des criminels rendus à leurs propriétaires

Vue du village d'El Mozote, le 29 novembre 2021 au Salvador - Marvin RECINOS © 2019 AFP
Vue du village d'El Mozote, le 29 novembre 2021 au Salvador - Marvin RECINOS © 2019 AFP

Plus de 4350 maisons squattées au Salvador par des criminels ont été rendues à leurs propriétaires au cours des derniers mois grâce à l'intervention des forces de police, s'est félicitée cette semaine la ministre salvadorienne du Logement Michelle Sol.

À La Campanera, dans les faubourgs de la capitale, "c'est une grande joie" pour Ana Vilma Cuellar, 62 ans, de récupérer enfin sa maison, achetée voici plus de vingt ans par son mari mais qu'elle n'avait jamais pu habiter. Les "maras", bandes qui sèment la terreur dans le nord de l'Amérique centrale, contrôlaient ce quartier populaire et un criminel s'en était emparé.

La ministre du Logement a dit avoir recueilli des dizaines de témoignages émouvants de familles de La Campanera dépossédées de leurs biens sous la menace des criminels.

Michelle Sol a salué l'action de la police, menée dans le cadre de la "guerre contre le crime" engagée en mars 2022 par le président Nayib Bukele. Depuis fin octobre, des milliers de policiers et de militaires ont assiégé puis contrôlé des quartiers autrefois fiefs des gangs criminels.

"Maintenant, les frontières imaginaires entre les quartiers n'existent plus (...) nous mettons fin au déplacement forcé" des familles délogées par les maras, s'est félicité Michelle Sol.

Cuvettes de toilettes volées

Au moins 6000 logements avaient été squattés par les maras dans tout le pays, selon le gouvernement. Dans le département de San Salvador, ce sont déjà 3400 maisons qui ont été arrachées aux criminels (dont un demi-millier à La Campanera). Près d'un millier de logements ont été rendus à leurs propriétaires dans trois autres départements, selon la ministre du Logement.

Cependant les maisons ont été souvent vandalisées : portes et fenêtres arrachées, toitures éventrées. Jusqu'aux cuvettes de toilettes qui ont été volées.

L'état d'urgence, proclamé fin mars 2022 pour mener la "guerre contre le crime", a été récemment prolongé pour la dixième fois, jusqu'au 15 février.

Ce régime d'exception, qui a soulevé les critiques d'organisations de défense des droits humains, permet des arrestations sans mandat. Il a été instauré fin mars après une vague de 87 assassinats attribués au "maras".

Selon les dernières statistiques officielles, 61.000 membres présumés de gangs ont été arrêtés, dont 900 chefs, pour la plupart d'entre eux issus des deux principaux gangs : la Mara Salvatrucha (MS-13) et le Barrio 18.

Article original publié sur BFMTV.com