Au Rwanda, avec les « Justes »

Par Valérie Marin La Meslée
·1 min de lecture
Jean Hatzfeld, qui vient de publier Là où tout se tait.
Jean Hatzfeld, qui vient de publier Là où tout se tait.

« Nous voulons explorer la bonté, contrée énorme où tout se tait », a écrit Guillaume Apollinaire, cité en exergue du nouveau livre de Jean Hatzfeld. Dans Là où tout se tait (Gallimard), le sixième qu'il consacre au génocide tutsi à Nyamata (Rwanda), l'auteur part à la rencontre de ceux qui, parmi les Hutus, n'hésitèrent pas à sauver des Tutsis. Que ce soit parce que leur couple, ou leur famille, était mixte ou parce qu'ils étaient ce qu'on appelle, tout simplement, des « Justes ».

Pourtant, « a-t-on parlé une fois pour Isidore Mahandago dans les cérémonies ? », peut-on lire. Le vieil Isidore sur lequel tomba la hache de ses frères Hutus parce qu'il s'en prenait à eux en ces termes : « Vous chantez la mort, vous vous enivrez de haine. » Non, pas un mot pour lui, ni d'un côté ni de l'autre. Le silence entoure ces « gardiens du pacte de sang », comme on appelle ceux qui ont été reconnus, les rares nommés (34 au niveau national) pour avoir participé à la réconciliation.

Une lecture pour dévoiler ce qu'on ne sait que trop peu

Il est beaucoup question du Rwanda ces temps-ci, autour du rapport sur la responsabilité de la France dans le génocide des Tutsis. Mais à une semaine de la commémoration du 7 avril 1994 (date du déclenchement du génocide), voici une lecture qui s'impose pour dévoiler ce qu'on ne sait pas, ou si peu. Provenant d'une simple cultivatrice, d'un enseignant ou d'un gradé, les paroles bouleversantes racontent ces destins croisés par la mort. Chaque [...] Lire la suite