Au Royaume-Uni, Rishi Sunak admet se soigner dans le privé, et ça ne passe pas

Devant les parlementaires britanniques, le Premier Ministre a finalement avoué avoir eu recours au système de santé privé plutôt qu’au public, au moment où le Royaume-Uni traverse une crise sociale d’ampleur, notamment au sein de son système de santé.
- / AFP Devant les parlementaires britanniques, le Premier Ministre a finalement avoué avoir eu recours au système de santé privé plutôt qu’au public, au moment où le Royaume-Uni traverse une crise sociale d’ampleur, notamment au sein de son système de santé.

ROYAUME-UNI - Le locataire du 10, Downing Street lâche le morceau alors que le ressentiment à son égard ne cesse de grandir. Après avoir esquivé la question pendant plusieurs jours, le Premier ministre britannique Rishi Sunak a fini par admettre ce mercredi 11 janvier qu’il avait eu recours à des professionnels de santé du privé.

Attendue depuis des jours par les Britanniques, cette réponse du chef du gouvernement a finalement été lâchée lors de la session de questions au Premier ministre. Assurant jusqu’alors que la nature de ses soins de santé et ceux de sa famille n’étaient pas pertinents dans le débat actuel, Rishi Sunak a donc cédé face aux vives critiques des députés du camp travailliste concernant son train de vie.

Après avoir admis avoir au privé plutôt qu’au public, il a toutefois tenu à préciser qu’il était désormais inscrit auprès d’un médecin généraliste dépendant du NHS, le système de santé publique britannique.

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Considéré par beaucoup de ses détracteurs comme déconnecté de la vie réelle de ses concitoyens, Rishi Sunak a donc fini par craquer. Mais était-ce le meilleur moment pour le faire ? Rien n’est moins sûr puisque cette déclaration tombe dans un contexte social particulièrement tendu outre-Manche, avec des mouvements de grève d’une ampleur inédite.

Ce mercredi, le gouvernement britannique a même été accusé par un responsable syndical de faire volontairement échouer les négociations sociales pour encourager des grèves et appauvrir les grévistes. Alors que les débrayages se multiplient, notamment dans le domaine de la santé et des transports, où les travailleurs demandent des hausses des salaires face à l’inflation, Londres a présenté mardi des mesures législatives pour instaurer un « service minimum » dans les secteurs jugés vitaux. De quoi faire grandir encore davantage le ressentiment contre Rishi Sunak et son gouvernement.

« S’ils (le gouvernement) faisaient ça dans la Russie de Poutine, en Iran ou en Chine, ils seraient condamnés à juste titre », a réagi devant une commission parlementaire Mick Lynch, à la tête du principal syndicat de cheminots RMT. « Forcer des travailleurs à travailler contre leur gré est un scandale », a-t-il ajouté, estimant que le gouvernement britannique misait sur l’échec des négociations avec les syndicats pour faire traîner les grèves en longueur.

« Il s’agit d’une politique délibérée du gouvernement de ce pays, qui vise à abaisser les salaires des travailleurs dans tous les domaines pour les rendre plus pauvres qu’ils ne l’étaient auparavant », a-t-il ajouté.

Attendu en France le 10 mars

Lundi, le gouvernement avait reçu les syndicats pour tenter de trouver une issue aux mobilisations qui durent depuis des mois, mais sans que cela ne débouche sur des avancées concrètes.

Ce mercredi, les ambulanciers ont de nouveau cessé le travail, tandis que les kinésithérapeutes ont annoncé deux jours de grèves. Un contexte plus qu’épineux pour le Premier ministre alors que Paris a annoncé ce même jour que Rishi Sunak effectuerait sa première visite en France le 10 mars, à l’occasion d’un sommet franco-britannique qui portera notamment sur la sécurité, l’énergie et l’immigration.

« Il s’agira de la première rencontre de ce type depuis 2018 », a précisé l’Élysée. Emmanuel Macron et Rishi Sunak sont censés « approfondir » à cette occasion la coopération bilatérale dans « une pluralité de domaines, notamment la sécurité, le climat et l’énergie, l’économie, les migrations, la jeunesse et la politique étrangère ». Et peut-être échangeront-ils au passage sur la manière de gérer les mouvements sociaux, alors que gronde en France l’opposition à la réforme des retraites.

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