Au Royaume-Uni, un nouveau pathogène pourrait être la cause de décès massifs de crabes

L'origine des décès massifs de crustacés observés sur les côtes du nord-est de l'Angleterre en 2021 n'est pas clairement identifiée, mais ils auraient pu être causés par un nouveau pathogène présent dans l'eau de mer, selon un rapport officiel publié vendredi.

Selon ce document commandé par le gouvernement et auquel ont participé 12 experts indépendants, l'explication la plus probable, parmi celles étudiées, de la mort de ces milliers de crustacés dont essentiellement des crabes, pourrait être une maladie engendrée par la présence d'un pathogène encore inconnu dans les eaux britanniques.

"Une maladie expliquerait la durée" de la contamination, "son étendue géographique, et les spasmes" observés sur les crustacés, a détaillé lors d'un point-presse virtuel Tammy Horton, experte au Centre national d'océanographie ayant contribué au rapport.

Ces décès massifs de crustacés constatés à l'automne 2021, puis encore en 2022, ont suscité un vif émoi dans les villes portuaires du nord-est de l'Angleterre où ils ont été observés.

Un premier rapport lancé par le ministère de l'Environnement qui accusait une "percée naturelle d'une algue nocive", avait été mis en doute par les pêcheurs locaux.

Ces derniers avaient mandaté d'autres universitaires pour conduire une autre étude, qui avait elle estimé qu'une substance chimique toxique, la pyridine, peut-être libérée par des actions de dragage, était la cause la plus probable de la mort des crustacés.

La région du Teesside, où des décès ont été constatés, est historiquement connue pour ses industries, particulièrement pour ses usines chimiques. Et le projet du gouvernement d'y créer un nouveau port franc suscite des inquiétudes localement.

Certains parlementaires avaient appelé cette semaine à suspendre les opérations de dragage sur plusieurs sites, au cas où elles soient à l'origine de la mort des crustacés.

- pollution chimique "très improbable" -

"Ces deux idées différentes sur la cause de la mort des crabes ont suscité la polémique", ce qui a poussé le gouvernement a demandé un nouveau rapport, a expliqué lors du point-presse Gideon Henderson, conseiller scientifique du ministère de l'Environnement.

"Ce rapport ne conclut pas à l'existence d'un facteur qui pourrait être clairement responsable de la mortalité (observée)... mais il a pu montrer la probabilité de différentes causes de mortalité", a-t-il détaillé.

Après avoir revu les analyses et données utilisées dans les précédentes études et compilé des données supplémentaires, les experts jugent désormais "improbable" qu'une algue toxique soit à l'origine des décès et "très improbable" que la pyridine ou un autre polluant toxique, présent localement à Teesside ou libéré des sédiments sous-marins, explique la mort des crustacés.

"Beaucoup de ces sédiments contiennent des polluants organiques persistants" issus de l'industrie lourde, mais "il n'y a aucun élément qui prouve que ces substances chimiques auraient été libérées dans des concentrations pouvant causer une grave toxicité", a insisté Crispin Halsall, chercheur en chimie organique de l'environnement à l'université de Lancaster.

Le maire conservateur de Tees Valley, Ben Houchen, grand défenseur du projet de port franc de Teesside, a accueilli favorablement le rapport. L'industrie locale de la pêche "a été ruinée par une catastrophe naturelle et il est maintenant essentiel que le gouvernement se mobilise et soutienne (les pêcheurs)", a-t-il aussi plaidé.

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