Au Québec, les étrangers ont six mois pour apprendre le français

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La loi 96 adoptée fin mai au Québec sur la langue officielle et commune mécontente plusieurs groupes, dont la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiés et immigrantes (TCRI), qui représente 159 organismes.

Dans un avis déposé avant l’adoption du texte législatif, la TCRI s’est inquiétée de l’imposition comme seule langue dans les services publics et de donner six mois aux immigrants pour apprendre la langue de Molière. Sur son site, le parti gouvernemental Coalition avenir Québec indique à ce sujet que “des exceptions sont prévues dans la loi 96 en matière de santé, de sécurité ou lorsque les principes de justice naturelle l’exigent”.

Délai jugé trop court

Mais des linguistes interrogés par La Presse considèrent ce délai de six mois pour obtenir un niveau élevé de français comme irréaliste. Interrogée par Courrier Expat, la chargée de projet française du TCRI, Élodie Combes, est d’accord : “Pour comprendre comme parent une intervention avec un vocabulaire scolaire que les enseignants utilisent ou encore comme patient une communication médicale qui concerne sa santé, cela requiert une utilisation linguistique complexe”.

Selon cette intervenante d’origine corse installée au Québec depuis 2009, “c’est impossible pour la plupart des personnes immigrantes et notamment pour certaines populations de réfugiés, des personnes qui ont des traumas, qui sont âgées, aux prises avec toutes sortes de réalités, d’avoir en six mois une maîtrise du français aussi bonne pour répondre à ces questions de santé et d’éducation”.

Dans son avis, la TCRI indiquait que “de nombreuses études mentionnent la difficulté pour apprendre une langue dans une période de temps’’. D’autant que “les nouveaux arrivants et nouvelles arrivantes se trouvent aussi dans un processus d’intégration où l’apprentissage du français est accompagné par des démarches comme la recherche d’un logement, l’inscription des enfants à l’école, la recherche d’un emploi, les obligations familiales…”

Quel délai serait jugé raisonnable pour que ces personnes apprennent à s’exprimer de façon efficace et à comprendre ce que les services publics leur communiquent ? “Selon nous, confie Élodie Combes, ça devrait être cinq ans, pour qu’elles puissent à la fois trouver un logement et un emploi, répondre à des besoins de base et recevoir des services uniquement en français’’.

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