Au procès de « l’agent orange », des multinationales à la barre

Source AFP
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Tran To Nga réclame des dommages et intérêts à 14 firmes ayant fabriqué ou commercialisé l'« agent orange ». (Illustration)
Tran To Nga réclame des dommages et intérêts à 14 firmes ayant fabriqué ou commercialisé l'« agent orange ». (Illustration)

50 ans après les faits, une Franco-Vietnamienne assigne en justice des multinationales de l'agrochimie pour avoir produit l'herbicide « agent orange » pendant la guerre du Vietnam. Les compagnies ont assuré, lundi 25 janvier, à Évry, n'avoir fait que répondre aux demandes des États-Unis et ont contesté la compétence des tribunaux français. Soutenue par de nombreuses associations, Tran To Nga, née en 1942 dans l'Indochine française, poursuivait au civil 14 firmes, dont Monsanto, ayant fabriqué ou commercialisé ce composé chimique ultratoxique déversé sur les forêts vietnamiennes par l'armée américaine.

Aujourd'hui septuagénaire, elle s'était engagée pendant le conflit dans le camp du Nord. Or, entre 1961 et 1971, l'armée américaine a épandu des millions de litres d'un défoliant contenant de « l'agent orange » sur les forêts pour empêcher la progression de la guérilla communiste, en guerre contre le Sud. Se disant victime de cet herbicide, elle réclame des dizaines de milliers d'euros de dommages et intérêts.

« Est-ce scandaleux d'espérer que la justice et l'éthique fassent bon ménage ? »

Lundi devant le tribunal d'Évry, les avocats des multinationales ont argué qu'elles avaient agi « sur l'ordre de (l'État américain, NDLR) et pour son compte ». Le conseil de Monsanto, Me Jean-Daniel Bretzner, a fait valoir à ce titre qu'elles devaient bénéficier de l'immunité de juridiction et qu'un tribunal français n'était pas compétent pour juger l'action d'un État étranger [...] Lire la suite