Au Portugal, le combat des chefs de l’extrême droite fait le jeu du PS

“Fini les aventures.” C’est ainsi que l’on pourrait traduire le titre du Jornal i, ou Inevitável, de ce vendredi matin : “Chega de aventuras”, un jeu de mots avec le nom de Chega, le parti d’extrême droite au Portugal, et celui de son dirigeant, André Ventura. D’aventures, le dessinateur Óscar Rocha s’est inspiré de celles de la série Astérix pour illustrer à la une du quotidien portugais les problèmes internes à la troisième force politique du pays.

Fondé seulement au printemps 2019, Chega est en effet arrivé en troisième position lors des élections législatives anticipées, en début d’année, toutefois remportées par le Parti socialiste avec la majorité absolue. Alors qu’elle n’y comptait qu’un élu jusque-là, l’extrême droite est désormais représentée par 12 députés à l’Assemblée nationale, une première depuis la fin de la dictature salazariste, en 1974. Mais entre le chef et les siens, rien ne va plus, lit-on en manchette :

“Le parti d’André Ventura est en proie à des guerres intestines permanentes. Certains parlent de ‘douleurs de croissance’, quand d’autres estiment qu’il ne peut pas réussir ‘s’il ne franchit pas l’étape d’un parti personnalisé à un parti institutionnalisé’.”

Agression et démissions

Comme un symbole, André Ventura tient le rôle d’Abraracourcix, le chef de village narcissique et contesté. Juché sur son “pavois de fonction”, le leader de Chega, déstabilisé par l’empoigne de ses hommes, manque aujourd’hui d’en tomber. Inevitável précise le contexte dans ses pages, puis s’interroge :

“Depuis les élections municipales de 2021, Chega a déjà perdu un tiers de ses conseillers, et, à Braga [ville dans le nord du Portugal], les choses vacillent. Le vice-président, Gabriel Mithá Ribeiro, a démissionné [après avoir été agressé physiquement à la fin du mois d’août par son collègue député Bruno Nunes lors d’une réunion parlementaire], et le parti se concentre de plus en plus sur son dirigeant.”

Pour Alberto Gonçalves, éditorialiste de droite, “le Parti socialiste sort gagnant” de cette situation et peut ainsi continuer sans alternative, à l’instar du Premier ministre, António Costa, au pouvoir depuis 2015, et que l’on voit se frottant les mains sur le dessin de une. João Pereira Coutinho, docteur en sciences politiques, va plus loin et évoque, quant à lui, “les intérêts croisés de la gauche avec la droite radicale”.

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