Au Pakistan, les inondations bloquent le suivi médical des femmes enceintes

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PAKISTAN - Les inondations, déclenchées par des pluies de mousson record, ont affecté plus de 33 millions de personnes et fait au moins 1 300 morts au Pakistan. Le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) a annoncé samedi 3 septembre qu’au moins 128 000 femmes enceintes présentes dans les zones inondées avaient un besoin urgent d’aide, 42 000 devant donner naissance dans les trois prochains mois.

La plupart des naissances au Pakistan ont lieu à domicile, mais avec près d’un million de maisons détruites, de nombreuses femmes ne savent pas où elles vont accoucher. Les inondations ont également gravement endommagé l’infrastructure sanitaire pakistanaise. Selon Human Rights Watch, dans la province du Sindh, « plus de 1 000 établissements de santé ont été entièrement ou partiellement détruits. Dans la province du Baloutchistan, 198 autres établissements de santé ont été endommagés ». Les routes et les réseaux de communication ont également été considérablement endommagés, entravant encore davantage l’accès aux cliniques et aux hôpitaux.

Comme le rappelle l’ONG, cela affecte non seulement les femmes enceintes, mais aussi celles qui cherchent à avoir accès à la contraception et à d’autres services de santé.

Un camp de fortune

Juché sur le terrain d’une petite gare de la banlieue de Fazilpur, dans la province du Pendjab, le camp qui accueille environ 500 personnes, est le seul endroit encore sec dans un paysage entièrement inondé.

Comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article, l’immense camp improvisé abrite au moins six femmes enceintes. Toutes se plaignent du manque de femmes médecins ou de sages-femmes pour les aider. La majorité d’entre elles n’ont pas accès aux structures de soins et au soutien dont elles ont besoin pour accoucher en toute sécurité.

La plupart de ces femmes ont refusé d’être examinées par des docteurs volontaires masculins, arrivés avec des convois d’aide. Dans les régions rurales et conservatrices du Pakistan, il est souvent inapproprié pour une femme de consulter des hommes, en particulier pour des examens gynécologiques.

Avec un ventre trahissant sa grossesse avancée et sa fille de quatre ans à ses côtés, Fahmidah Bibi attend avec impatience la venue du médecin annoncée par la rumeur dans le camp pour personnes déplacées par les inondations devenu sa maison au Pakistan. Elle est arrivée là il y a à peine plus d’une semaine avec ses cinq enfants et ses beaux-parents. « J’ai besoin d’un docteur ou d’une sage-femme. Que se passera-t-il si quelque chose arrive à mon enfant ? », s’inquiète la mère de famille, enceinte de neuf mois et souffrant des pieds.

Fahmidah n’a plus vu de médecin depuis un mois. Selon le compte-rendu qu’elle conserve précieusement, avec une ordonnance pour un médicament trop cher pour elle, son bébé se présentant par le siège.

La mère de famille dort dehors sur un lit traditionnel en cordes tressées qu’elle partage avec ses cinq enfants, âgés de quatre à douze ans.

« Tout a été emporté »

En quête désespérée d’aide, Fahmidah a essayé de traverser les champs inondés pour atteindre la ville. Mais elle a glissé et est tombée plusieurs fois, avant de devoir finalement renoncer.

La perspective d’accoucher ici l’effraie. Les villageois déplacés par les inondations vivent dans la promiscuité, avec leur bétail, et les installations sanitaires sont presque inexistantes. Le bourdonnement des mouches et des moustiques est incessant. Comme la puanteur qui émane de l’eau boueuse, remplie d’excréments et de végétaux en décomposition.

Avant même les inondations, les Pakistanaises étaient confrontées à de nombreux problèmes de santé gynécologique et néonatale, le pays affichant l’un des taux de mortalité maternelle les plus élevés d’Asie du Sud. Autant d’inégalités qu’ont exacerbé les intempéries exceptionnelles.

« Je n’ai rien de prêt pour quand le bébé va venir au monde, explique Fahmidah à l’AFP. Je n’ai même pas de vêtements à langer. Tout a été emporté dans les inondations. »

Comme Fahmidah, Saira Bibi, enceinte de cinq mois, attend désespérément un médecin. Elle a une douleur lancinante sur un côté du ventre. Âgée de seulement 25 ans, la jeune femme a déjà quatre filles mais elle est sous la pression de son mari et de sa famille pour leur donner un fils. Son époux l’a menacée de prendre une autre femme si elle ne parvenait pas à combler cette attente.

« J’ai eu un fils après les quatre filles, mais il est mort », dit-elle, expliquant avoir ensuite suivi un traitement pour la fertilité, afin de tomber à nouveau enceinte. Elle craint désormais de ne pas pouvoir aller au terme de sa grossesse.

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